‹ L'IllusionChapitre 47 sur 78 · GLOIRE D U N IAM · texte numérisé non relu

GLOIRE D U N IAM

L*4 C*A%JAViAeXLE 'DU MO'M'DE

J.vns mon assentiment, Allah, tu m'as fait naître, Et je n'ai pas compris pourquoi j'étais venu, Ni comment ta magie avait fait apparaître Un fantôme de plus en ce monde inconnu.

Car le gouffre est obscur de ton àme profonde! En ton être infini rien n'est petit ni grand; Le monde est un atome, et l'atome est un monde. Notre sort à ton rêve est-il indifférent?

— lit, les yeux étonnés du spectacle des choses, Parmi leurs visions, chancelant, au hasard, Je marche, et cherche en vain à deviner les causes De la halte ici-bas, Allah, et du départ.

LES TÉ'KtÈ'BliES ViALL^H

IVIa pensée est pareille à la coupe de Djem, Qui reflétait les cieux et leurs milliers d'étoiles. Lampe d'or suspendue, Allah, dans ton harem, J'ai vu bien des douleurs en perçant bien des voiles.

Ton âme est l'océan dont je suis le plongeur :

J'ai les yeux éblouis par des perles sans nombre;

Mais parfois le vertige a saisi le nageur,

Quand des monstres passaient qui l'effleuraient dans l'ombre.

Atome illuminé par un rayon vermeil, Comment, ô néant vil, ô vil grain de poussière, Puis-je participer aux secrets du Soleil, Et voir que tant de nuit se mêle à ta lumière?

LA GLOIRE Dr NEANT

A U T>ÈSE%T

L a tète d'un vieux scheikh saigne en haut d'une lance Au-dessus du désert plane un vautour qui fuit; Et, morte aussi, la lune au ciel monte en silence, Souriant à ce mort oublié dans la nuit.

L'ÉTE^VIEX T)'<ALL^H

W mon âme, épervier d'Allah, d'un vol altier

Viens et monte, et planant sur l'univers entier,

Embrassant d'un regard toutes les créatures,

Les formes d'autrefois et les formes futures,

Ces apparitions, ces visions d'un jour

Qui font trembler les cœurs de terreur ou d'amour,

Contemple l'océan des effets et des causes,

Et médite devant ce spectacle des choses.

Comme la mer qu'agite et que pousse le vent,

Vois-tu rouler au loin dans l'infini vivant

Les générations qui naissent et qui meurent?

Parmi les bruits confus entends-tu ceux qui pleurent ?

Entends-tu se mêler les rires, les sanglots,

Pareils à la clameur monotone des flots?

— Mortel, as-tu compris que tout n'est qu'apparence?

En ton orgueil encor gardes-tu l'espérance

De remplir tous les temps futurs de ton néant?

Pourtant plonge, ivre et fier, en ce gouffre béant,

I GLOIRE DU NI ZOfJ

Ainsi >.iuo l'épervier plongeant dans la tempête : Car tout ce rêve une heure a passe dans t.i tête, Tu tus l.i goutte d'eau qui reflète les deux, lit l'univers entier est entré dans tes yeux : lit bénis donc Allah, qui t'a pendant cette heure Laissé, comme un oiseau, traverser sa demeure.

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