‹ L'IllusionChapitre 50 sur 78 · I A Q LOI R H DU N · texte numérisé non relu

I A Q LOI R H DU N

Que la vie et la mort sont les métamorphoses

De l'Être qui ne peut commencer ni finir,

Que je suis le Présent, le Passé, l'Avenir,

L'Océan éternel d'où tout astre s'élève,

Que, vous et moi, nous aurons fait le même rêve I

Poète, au souvenir de mes créations,

Fais dans ton âme aussi fleurir les visions;

Ou sois l'aigle éperdu, qui monte des abîmes;

Monte d'un grand coup d'aile, atteins les cieux sublimes,

Plane dans l'azur clair, dans l'orage et le vent,

Embrasse l'infini de mon rêve mouvant,

Regarde fixement mon âme, et sur la terre,

Ebloui, palpitant, les yeux fous de mystère,

Quand tu redescendras, 6 Poète inspiré,

Chante mes passions et mon néant sacré ;

Dis-leur ce que tu vis en contemplant mon gouffre ;

Dis-leur que comme toi je jouis, aime et souffre ;

Chante alors ma lumière et chante aussi ma nuit,

Mes deux faces dont l'une est sombre et l'autre luit ;

Révèle ma splendeur et ma misère antiques;

Unis l'horrible au beau dans tes hymnes mystiques ;

En ton âme, miroir de mes éternités,

Que l'ombre ainsi se mêle à d'immenses clartés;

Et sois fier et sois ivre, ô fantôme, ô poussière,

De pouvoir adorer, à la vague lumière

Dont mon gouffre pour toi s'illumine un instant,

L'illusoire splendeur de l'éternel Néant.

LE IsLÊ^AIsLT T>E M^HMOWD

vJxe tète est plantée en haut d'une muraille; Un vieux corbeau se tient près d'elle qui la raille : « Soleil resplendissant, Mahmoud, où donc es-tu? J'ai crevé tes deux yeux ; ton trône est abattu ; Des mouches ont raison de ta toute-puissance. Saurais-tu distinguer ta mort de ta naissance?... Où sont-ils, tes trésors, ton harem, tes palais, Les foules à genoux, alors que tu parlais, Tes cavaliers chargeant, dans le bruit des timbales Qui mêlaient leur tonnerre au sifflement des balles, Et leurs lances, tremblant comme des champs d'épis? Vois cette plaine immense : elle semble un tapis Tout fleuri par le sang qu'ont versé tes armées. Où sont sur tes chameaux ces litières fermées, D'où tombaient des regards beaux comme des éclairs ? Où sont tes étendards déroulés dans les airs ? Pour ta tête veux-tu l'éventail de mon aile ? Quand des plumes de paon se balançaient sur elle, Quand lascives, les seins dressés, les veux vers toi,

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