X(//T T)' HYME-X.EE
i\ la nuit de notre hyménée J'avais convié les oiseaux :
Pour qu'elle fût illuminée, La lune aussi monta des eaux ;
La lune monta souriante ; Et pendant que tremblait ton cœur, La mer au loin chantait brillante, Les vents t'apportaient sa langueur.
Les violettes, les jacinthes, L'âme mourante de désirs, Envoyaient à tes lèvres saintes Leurs ivresses et leurs soupirs.
Les feuilles chuchotaient entre elles; Je tenais tes mains, à genoux; Les oiseaux mêlaient des bruits d'ailes A leurs sérénades pour nous.
La profonde nuit les fit taire :
Les deux s'étendaient solennels; Des clartés d'amour sur la terre Pleuvaient des astres éternels ;
Et pâle, sous la nuit immense, Tu sentis sur ton front béni Descendre, à travers ce silence, Le grand baiser de l'infini 1
CHANl's DE L AMOUR BT DE LA MORT 19
LES 11<ACR.T>ES T>E T>iAVIcD
-L a nuit se déroulait, splendide et pacifique; Nous écoutions chanter les vagues de la mer, Et nos cœurs éperdus tremblaient dans la musique ; Les harpes de David semblaient pleurer dans l'air.
La lune montait pâle, et je faisais un rêve : Je rêvais qu'elle aussi chantait pour m'apaiser, Et que les flots aimants ne venaient sur la grève Que pour mourir sur tes j-ieds purs et les baiser;
Que nous étions tous deux seuls dans ce vaste monde . Que j'étais autrefois sombre, errant, égaré, Mais que des harpes d'or en cette nuit profonde M'avaient fait sangloter d'amour et délivré;
Et que tout devenait pacifique, splendide, Pendant que je pleurais, le front sur tes genoux, Et qu'ainsi que mon cœur le ciel n'était plus vide, Mais que l'âme d'un Dieu se répandait sur nous !
SOITl VETE
v^< 'ÉTAiTun brûlant soir d'été, les fleurs s'aimaient ; Les fleurs, glorifiant l'Amour, se consumaient; Les lys blancs se mouraient dans la lumière chaude ; Le couchant était d'or, de pourpre et d'émeraude : — Alors il me sembla, tant débordait mon cœur, Que les rayonnements et l'immense langueur De toute la nature ainsi transfigurée Par cette magnifique et tranquille soirée, Et l'extase du ciel, pendant qu'à tes genoux Je rêvais ébloui, n'existaient que par nous; Que notre passion illuminait le monde; Et que si la splendeur du soir était profonde, C'était des feux aussi que répandaient tes yeux; Et, lorsque s'éteignit le couchant glorieux, Un moment je crus voir en l'éclat de sa flamme Resplendir agrandi le reflet de mon âme.
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