‹ L'IllusionChapitre 7 sur 78 · T) UO · texte numérisé non relu

T) UO

J i: ne sais que sentir et je ne puis parler,

Je demeure sans voix quand nous sommes ensemble,

Mais tout mon cœur alors se voudrait envoler

Ht se mettre en tes mains comme un oiseau qui tremble.

— Oh 1 ne nous parlons pas, mais ouvre-moi tes yeux ; Leur long baiser muet, je le saurai comprendre; Ma tête sur tes seins, restons silencieux : Le silence des cœurs est leur voix la plus tendre.

Laisse-moi t'adorer, et ne nous parlons pas,

Et que j'écoute seule, adorable merveille,

La musique d'amour que fait ainsi tout bas

Ton cœur, ton cœur d'enfant battant sous mon oreille.

*AI*Ii T)E SCHU3C<A:NJCHJ

1 u fermes les yeux, en penchant Ta tête sur mon sein qui tremble :

Oh ! les doux abîmes du chant, Où nos deux cœurs roulent ensemble !

Oh! les notes qui font souffrir, Et les adorables supplices, Lorsque l'âme se sent mourir En de si profondes délices 1

D'où venons-nous, pâles ainsi?

De l'avenir, du passé sombre ?

Tu souffres, et j'étouffe aussi :

Que contemplent nos yeux dans l'ombre?

chants DE i. a m ont 1: i DB LA miihi

TECKJT>(K.ESSE

IVIets ta main sur mes yeux : je ne veux plus rien voir Et ne plus rien sentir, hors ta chère présence, Puisque ainsi ta tendresse est mon unique espoir, Et que ton amour sûr est ma seule croyance.

Mets ta main sur mes yeux, mets mon front sur ton cœur: Que ton âme de fleur me caresse et pénètre, M'imprégnant d'une exquise et mortelle langueur, Et fais descendre en moi le calme de ton être.

<P%ES T)E LiA METi

.C coûte la chanson des flots, Leurs rires, leurs cris, leurs sanglots.

En chantant, ils rongent dans l'ombre Les os blanchis de morts sans nombre.

Rires confus, cris ou sanglots, Entends-tu la chanson des flots?

Joyeuse, plaintive, ironique, Elle est si vague, leur musique !

Rires confus, cris ou sanglots, Écoute la chanson des flots.

La nuit vient : les cieux et la terre Sont tout effrayants de mystère.

I KA.NTS l'i L AMOUR ET DE I. A mort 25

Entends-tu la chanson des flots, Leurs rires, leurs cris, leurs sanglots?

Nous contemplons la mer immense :

— Où va notre amour qui commence?

<A<X>TITHESE

L'ebout sur la falaise et se donnant la main, Sont deux jeunes amants éblouis par leur rêve ; Ils regardent la mer et, sur le flot lointain Emergeant à mi-corps, la lune qui se lève.

— Ils vieilliront un jour : leurs pauvres cheveux blancs Auront peine à couvrir les rides de leurs tempes, Et près du feu, le soir, engourdis et tremblants, Ces deux vieux dormiront à la clarté des lampes.

Ils auront oublié les soirs dans les forêts, Ces grands flots frémissant sous l'amour de la lune, Et, le cœur mort, n'auront plus même de regrets, Quand ils se souviendront de l'ivresse commune.

Plus de nuits de printemps ni d'étoiles pour eux; Plus rien, hors la lueur des longs cierges funèbres, Le soir où leurs enfants les étendront tous deux Sur le lit préparé pour nous dans les ténèbres.

Page 1