‹ L'IllusionChapitre 75 sur 78 · LJL FIE%TE *DU Î^E^Î^T · texte numérisé non relu

LJL FIE%TE *DU Î^E^Î^T

L. n face du Destin, impassible victime, Pur et libre, et gardant l'orgueil de ta vertu, Tu peux mourir debout dans ta fierté sublime : Fils du néant, néant, de quoi donc te plains-tu?

Sous le ciel infini, sentant, vague fantôme, L'horrible poids sur toi de son éternité, Demeure sans trembler, et fais du moins, atome, Que ton écrasement ne soit pas mérité !

U*ME 'MUIT Tt^TsLS LES <ALTES

V>' ÉTAIT la nuit. Devant des neiges éternelles Et des monts étages comme un cirque géant, Je regardais, chétif atome et vil néant, Les astres clairs, pareils à de froides prunelles.

Loin, et me rappelant le Temps qui toujours fuit, Au silence effrayant des espaces sans bornes Répondait, seule voix de ces grands déserts mornes, Le long tonnerre sourd d'un torrent dans la nuit.

En cercle autour de moi, sous la lune sereine Tous ces sommets hautains, ces pics blancs et glacés, Me semblaient figurer les vieux siècles passés, Immobiles devant la turbulence humaine.

Calmes, ils dominaient la foule des vivants ; Contemporains et fiers témoins des premiers âges, Depuis plusieurs mille ans, sous l'assaut des orages, Ils planaient dans l'air froid, dans la neige et les vents.

Et près de ces Titans, moi, l'atome éphémère, Près de leur masse énorme, à leur stabilité Je comparais mon être et sa fragilité, Et les tourments sans but de cette vie amère.

J'avais l'orgueil d'aimer, de penser, de souffrir; Mais dans cet infini que pesait donc mon âme, Etincelle d'un soir, trop misérable flamme, Vacillante toujours et si près de mourir?

Autour de moi planait l'horreur d'un vide immense. Au ciel qui sur mon front roulait indifférent Qu'importe notre esprit, qui pour nous seuls est grand ? Que lui fait la raison de l'homme ou sa démence?

Et je compris dès lors que, n'ayant nul pouvoir Pour sauver du néant ma tête condamnée, Mon seul orgueil devant cette âpre destinée Était le mâle effort de combats sans espoir!

T%ÈS T)E L^4 SCOTIT

IN e tremble pas, mon âme, au toucher de la mort ; Sois comme un spectateur qui se lève et qui sort, Avant même parfois que l'on baisse la toile, Pour aller contempler le ciel bleu qui s'étoile, Et, hors de ce banal théâtre et de son bruit, Pour respirer enfin le silence et la nuit!

Lji TITIE

IN ou:

fS avons créé la bonté :

C'est une fleur de l'âme humaine La Nature n'avait doté L'homme primitif que de haine.

Pour que le fort restât vainqueur En l'âpre combat pour la vie, Elle n'avait armé son cœur Que de cruautés et d'envie.

Mais le bourreau souffrit un jour Des souffrances de sa victime; Et dans cette âme sans amour Rayonna la pitié sublime.

Page 1