‹ L'illustration et les illustrateursChapitre 31 sur 63 · TH. SCHULER · texte numérisé non relu

TH. SCHULER

artiste. Les moindres coins de paysage, il les connaissait; il adorait cette terre natale à laquelle il tenait par de si profondes racines, il l'avait dessinée sous toutes ses formes.

Aussi quand le Magasin pittoresque vint à lui, quand l'éditeur Helzel rechercha sa collaboration, il improvisa facilement les œuvres les plus diverses, avec cependant une tendance bien naturelle vers l'interprétation de son pays, à qui son crayon restait toujours plus fidèle.

Les dessins qu'il exécuta pour les œuvres d'Erckmann-Chatrian, l'Ami Fritz, l'Histoire d'un paysan, Histoire du plébiscite, le Blocus, le Brigadier Frédéric, Maître Gaspard Fix et les Deux Frères, sont des documents réels; les types et les costumes sont exacts, d'une observation juste et fine.

Ces dessins seuls suffiraient à affirmer une réputation durable à leur auteur, encore consolidée par ces belles pages de Bohémiens et Bohémiennes des Vosges, les Mineurs de la Basse-Alsace, la Table de famille des fermiers, les Schlitteurs et les Bûcherons au travail, que l'artiste exécuta pour le Magasin pittoresque.

Dans toutes ces œuvres, mêmes qualités dans la forme, un sens dramatique et une entente & effets admirables, que ce soit dans ses toiles [la Descente dans un chemin creux, les Berges de Lampertsloch, le Retour à la ferme) ou dans ses bois [la Chute de l'ébrancheur, et les Patins d'argent, de P.-J. Sthal, et Maroussia, du même auteur, pour l'éditeur Hetzel).

Schiller maniait habilement le crayon lithographique; il avait dessiné longtemps sur pierre avant de dessiner sur bois. Ses figures, savamment modelées, sans ombre aucune, avaient un aspect d'un relief étonnant.

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