‹ L'illustration et les illustrateursChapitre 32 sur 63 · BRION · texte numérisé non relu

BRION

C'est l'éditeur Hetzel qui avait décidé Brion à faire des « illustrations ». Jusqu'alors cet artiste, fidèle traducteur des scènes alsaciennes, avait excellé dans des tableaux de genre reproduisant à merveille les côtés pittoresques, les costumes brillants de son pays.

L'illustration des Misérables de Victor Hugo, qu'Hetzel fui confia, est d'une profondeur d'observation savante qu'on n'a jamais dépassée. Victor Hugo disait : « Je vois mes personnages vivre sous le crayon de Brion ; — c'est bien Javert, c'est Thénardier, et c'est ma petite Cosette que j'ai sous mes yeux, triste et touchante. » 11 regardait souvent ces dessins et les citait sans cesse.

A propos de cet ouvrage, M. Béraldi, dans son livre intitulé : les Graveurs du dix-neuvième siècle, fait celte très curieuse observation, qui caractérise bien la facture de Brion en général : « Tous les personnages que dessine cet artiste dans l'illustration des Misérables semblent habillés avec des couvertures de laine. — Influence indéniable de Millet ! » — Heureux rapprochement en effet, dont il est facile à nos lecteurs de se convaincre en regardant le dessin que nous mettons en regard du texte.

Quelques années avant cette publication, Brion avait donné au Journal pour tous des dessins curieux, quelques scènes de Molière, et surtout un roman, les Coups d'épée de M. de la Guerche, qui renferme des pages d'une grande valeur et d'une impression rare.

Brion était un Alsacien, de haute stature, froid, méthodique, sachant lire un texte et l'interpréter, tout en lui laissant sa saveur originale, qualité rare chez les dessinateurs modernes.

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