ÉPILOGUE
La Restauration ne créa pas un art propre; elle continua à suivre les errements de l'époque impériale, seulement avec cette différence que l'étude cle l'archéologie prit d'immenses développements et amena la curieuse
évolution du romantisme, qui devait aboutir à la réhabilitation du moyen Age, sous la conduite d'esprits distingués et originaux comme Viollet-le- Duc et Didron. Mais que de luttes! Est-ce que le temps n'est pas encore bien rapproché où les professeurs actuels de l'École des beaux-arts (alors des anciens) envoyaient leurs nouveaux jeter des gros sous à Viollet-le-Duc ouvrant son cours dans l'hémicycle (1867)? Et l'École des beaux-arts, est-elle donc sortie si complètement de la vieille ornière? Les Grecs et les Romains régnent toujours à l'École, dans nos rues, dans nos places publiques... et dans nos lycées. Dans l'art appliqué à l'industrie, nous avons, il est vrai, progressé, grâce à des professeurs comme Galland, pour n'en citer qu'un ; mais encore faudrait-il qu'on laissât à ses élèves la faculté de se produire ; et, par malheur, l'adjudication des travaux de décoration se donne sans doute à la suite de concours dans lesquels, évidemment, ce n'est pas la valeur artistique qui l'emporte : nos rues semées d'un peuple de grotesques sont là pour en témoigner.
D'autre part, l'art officiel enseigné à l'École, pour ne parler que de celuilà en général et de l'architecture qui fleurit de nos jours en particulier, ne vous semble-t-il pas que les Bailly (tribunal de commerce), les Dayroud (théâtre du Châtelet), les Baltard (Saint-Augustin), ne méritent guère notre admiration, et que l'Hôtel des postes en architecture, et en décoration le monument Rougevin, mettent le comble à notre méfiance pour tout ce qui concerne le classique consacré parles concours?