‹ L'illustre Brizacier; drame en un acteChapitre 13 sur 35 · Scène V · texte numérisé non relu

Scène V

Muchedenc.

Qui fera la harangue Et débattra le prix?...

Bellombre.

Mais Florimond. Sa langue Est alerte j et c'est lui, toujours en pareil cas Qui nous sert d'orateur...

Muchedent.

Je ne l'aperçois pas.

Arabelle.

// vient. Il est resté pour causer ^ à mi-côte, D'un camarade à lui que dernièrement l'hôte D'un méchant cabaret a fort brutalement Jeté dehors, malade, et qu'on ne sait comment Retrouver. Est-il mort, 'et son pauvre cadavre A-t-il été mangé des loups? Cela vous navre.

Bellombre.

Comment s'appelait-il ?

Arabelle.

Briiacier.

Muchedent.

Ah ! ce fou Le plus drôle et le plus étrange casse-cou Qu'ait Jamais caressé le regard de la lune.

Flonmond^ en effet, le vit à Painpelune,

Toujours gueux j mais croyant commander au destin.

Au demeurant y c'était un pauvre cabotin.

Sans talent, dont la vie était une tempête

Incessante j où tout autre aurait perdu la tète.

Mais c'était merveilleux d'ouir ce besacier

Crier sans peur : Je suis l'illustre Briiacier !

// se donnait ainsi de l'illustre?

Muchedent.

Mais comme Nous nous en donnons tous^ cher empereur de Rome. Seulement, son orgueil n'avait rien de blessant Tant il était naïf et vraiment innocent.

Afabelle.

Tu l'as connu?

Muchedent.

Moi? non. Mais j'ai dans mes voyages Tant de fois, au milieu de mille verbiages, Entendu raconter ses hauts faits, que je peux Vous retracer, depuis ses débuts si pompeux Jusqu'à sa triste mort, son existence entière.

Arabelle.

Pauvre homme ! quelle fin terrible !

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