‹ L'illustre Brizacier; drame en un acteChapitre 16 sur 35 · Scène VI · texte numérisé non relu

Scène VI

Muchedent.

Mais grâce à lui, ce soir, sous la voûte étoilée Nous ne dormirons pas, et nous souper ons bien.

Brizacier.

Rien ne vaut sur la terre un bon comédien ! Pour moi, son art sublime à qui tout rend les armes Dès mes plus jeunes ans brilla de mille charmes. Ce rêve : dominer la foule, poursuivait Ma pensée et venait s'asseoir à mon chevet. Bref, je sais par cœur tous les poèmes tragiques Bouffons, tendres, charmants, amoureux, énergiques, Par les rimeur s français enfantés, et je crois Que j'aurais fort bien pu tenir l'emploi des rois.

Bellombre.

Mes rôles! Halte-là !

Brizacier.

Je déclare ma Jlamme Ainsi qu'un amoureux de vingt ans et me pâme Sur le corps de Thisbé sans efforts.

Bellombre^ à Muchedent.

Nous patrons Bien cher notre souper...

Brizacier.

Les soldats fanfarons M'iraient aussi.

30 L'illustre Brizazier.

Muchedent.

Vraiment ?. . .

Brizacier.

Que cette vie errante Est belle ! Promener la Muse conquérante Par les bourgs ; faire vivre émus et frissonnants Ces héros devant qui, tous, nobles ou manants, Frémissent, comme sHls n^ avaient qu'une seule âme. Quel destin !

Bellombre.

Muchedent, vois donc comme il s'enjiamme.

Muchedent.

Notre métier, seigneur, a bien quelques ennuis.

Brizacier.

Allons donc !

Muchedent.

Quand il faut que nous passions les nuits' Dehors, avec le vent glacial, quand V ondée Nous fouette le visage, et que Veau débordée Inonde le chemin?

Brizacier.

Bah ! qu'est cela ? Parbleu!

La belle affaire ! On chante et Von se chauffe au feu Qu'on porte en soi /...

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