‹ L'illustre Brizacier; drame en un acteChapitre 22 sur 35 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

Muchedent^ ému.

Sans doute Je vous emmènerais volontiers. Il m'en coûte De vous laisser. Mais quoi ! Nous n'avons de vacant Qu'un emploi sans honneur et fait pour un croquant.

Brizacier.

// n'est pas de petits emplois pour qui respire Le noble amour de Part et subit son empire Jaloux. . . Que manque-t-il donc chei vous ?

Muchedent.

Un moucheur De chandelles, qui soit à la fois afficheur. Souffleur, enfin chargé d'occupations basses. Voyei !

Florimont, à Bnzacier.

Se pourrait-il, dis, que tu succombasses Encore à ce désir effréné qui te mord, De courir les chemins où souffle un vent de mort?

Brizacier^ sans l'écouter.

Aurai~je quelquefois un rôle?...

Bellombre.

Oui, le garde Qui reste au fond, debout avec sa hallebarde Et suit les pas du roi. Ce rôle t'ira bien. Il exige un air noble et fier, un beau maintien.

Muchedent.

Fous joûrei au besoin Âraspe.

Brizacier.

Eh bien ! j'accepte !

Vous verrei si je suis un histrion inepte ; C'est à l'œuvre qu'on voit l'artisan.

S'exaltanr.

Je renais!

Et ma tête s'emplit d'odes et de sonnets. Je vais donc vous revoir, ô chers tréteaux! ô planches Divines, où l'on voit, en folles avalanches, Les rimes, au soleil des lumières bondir Etincelantes, où, l'on entend applaudir Les beaux vers imprégnés d'amour...

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