‹ L'illustre Brizacier; drame en un acteChapitre 27 sur 35 · Scène IX · texte numérisé non relu

Scène IX

Avec vos beaux cheveux crespés, couleur d'aurore^ Et ce petit chapeau placé sur le côté.

La Marquise.

Pourquoi ne pas m' avoir suivie !

Brizacier.

Hélas ! jeté En prison, je n'ai pu qu'après bien des semaines En sortir. Puis il faut que les choses humaines Aient leur cours. Emporté par le vent, j'ai bondi Du nord au sud, jusqu'au jour où, pâle, étourdi Je suis tombé mourant à votre seuil.

La Marquise.

Ma joie Eut grande en retrouvant dans l'hôte que m'envoie Le Ciel, l'homme pour qui me conservant j'avais Osé rêver enfin un destin moins mauvais. Je suis libre à présent, et pensais que, peut-être. Vous finiriei enfin un jour par reconnaître L'enfant qui se jeta confiante en vos bras Et près de qui tu vas demeurer ^ n'est-ce pas?...

Brizacier.

Marion !...

La Marquise.

Jure-moi que tu restes.

Brizacier.

Mais..»

La Marquise.

Jure !

Je le veux ! Tu te tais ! As-tu fait la gageure De me faire mourir ? Tu réjléchis ?. , .

Mon cœur Déchiré par la lutte...

La Marquise.

Égoïste moqueur !

Ton cœur ? Ou donc est-il? Je vais devenir folle ! Il ne me dira pas une bonne parole !

Vaniteux. Eh bien soit ! Ce n'est pas suffisant Une femme par toi perdue et gémissant A tes pieds, pour fixer ton humeur. Mais ta fille ?

Brizacier^ étonné.

Ma fille!...

La Marquise.

Sylvanie !

Brizacier.

Ah ! mon œil se dessille !

C'est ma fille, cet ange heureux et rayonnant ! C'est ma fille !

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