Scène IX
A ma porte venaient frapper par ribambelles ! J'étais lors dans les fers charmants de Rosaura. Ah ! sorcière d'amour ! jamais on ne saura Par quels charmes secrets,.,
La Marquise.
// ne s'agit pas d'elle.
Voyons si vous avei la mémoire fidèle.
Un soir, vous rentriez chei vous, quand une voix Vint frapper votre oreille, inquiète à la fois Et joyeuse. C'était une enfant attirée Par cette scène en feu pareille à Vempyrée Pour elle.,.
Brizacier.
Oui, c'était, pardieu ! je m en souviens [/ne princesse turque ayant pour les chrétiens De tendres sentiments.,.
La Marquise.
C'était moi.,,
Brizacier fait un mouvement de surprise.
Les années», Pendant que nous suivions chacun nos destinées, Ont métamorphosé la jeune fille, éteint Son regard et jauni les roses de son teint. Hélas ! elle n'est plus, la pauvrette ingénue. Puis comment l'eussiei-vous ensuite reconnue ?
M'avei-vous regardée autrefois^ seulement ? Non ! je ne fus pour vous qu'un divertissement . Votre fatuité, comme chose banale Paraissait accepter mon amour virginale.
Et quand on eut trouvé ma trace j quand on vint M' arracher de chei vous. . .
Brizacier.
0 Dieu ! c'était le vingt Du mois d'octobre. Non ! je puis sans imposture L'affirmer, cette douce et si triste aventure Dans mon cœur, éclairé de son pâle rayon. Est restée, et j'en fais le serment, Marion !
La Marquise.
Mon nom ! Vous ne l'avei pas oublié ?...
Brizacier.
Non certes !
Et que de fois mes yeux, sur les routes désertes Fouillèrent l'horiion pour tâcher de revoir Ce fantôme adoré qui, seul, eut le pouvoir De s'incruster dans mon souvenir, 0 Marie !... Entre toutes, toujours votre image chérie Est restée. Oubliei ce que ma vanité M'a fait dire. Je n'ai jamais, en vérité ! Eu d'autre amour que vous. Je vous revois encore