‹ L'illustre Brizacier; drame en un acteChapitre 6 sur 35 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

A l'artiste ! Besoins dont le poids assoupit

L'esprit qui chante en nous, tracas, 6 choses vaines!...

Alors que nous sentons circuler dans nos veines

Le feu prométhéen ravi pour nous exprès

Dans l'antre où. les grands Dieux dérobent leurs secrets.

La Marquise, à pierre.

Tu l'entends?

Pierre.

Ce n'est rien. Le vieux soldat raconte Ses batailles.

Brizacier, apercevant la Marquise.

Eh quoi! vous étiei là ? J'ai honte Madame, en vérité^ d'être si mal appris^ Par quels charmes mes yeux ont-ils été surpris, Qui les a recouverts d'une sotte nuée?

Pour que je ne vous aie aussitôt saluée, Il faut qu'urii nécroman m'ait jeté quelque sort.

La Marquise.

Vous êtes pardonné. Vous n'avei d'autre tort Que d'alarmer parfois vos amis.

Moi, madame?

La Marquise.

Sortir la tête nue avec ce ciel de Jîamme Étant convalescent!...

14 L'illuscre Brizacier.

Brizacier.

Oui, j'ai tort. J'en conviens.

Mais en voyant après les jours diluviens Que nous avons subis la dernière semaine, Le soleil luire enfin sur ce Joyeux domaine Empli de nids d'oiseaux et de JleurSj je n^ai pu Demeurer dans ma chambre, et je me suis repu D'air matinal j de frais parfums et de rosée.

'La Marquise.

Sans chapeau, n'est-ce pas^ et la tête exposée Aux rayons du soleil brûlant?,., je vous en veux!

Brizacier.

Bah! la brise agitait follement mes cheveux! Puis y le soleil et moi sommes deux camarades Amis des grands chemins et des vieilles bourgades. Et puis... j'ai rencontré cette migonne enfant. Son aspect rafraichît l'air le plus étouffant y Ravit les yeux et fait les cœurs pleins de liesse^.

La Marquise, riant.

Tant d'éloges! Fermei les oreilles ^ ma nièce!..,

Sylvanie.

Ah bah! C'était bien pis tout à l'heure. J'étais Celle à qui les ciseaux adressaient leurs motets. C'est pour moi que le bois prodiguait ses ombrages Et mes regards domptaient jusqu'aux plus fiers courages.

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