FLEUR-DE-SAUGE, CHREMES, L'ILOTE
{Entrée de l'ilote, couronné de )-oses , porté par les habitants du bourg, que Chrêmes précède. Des jeunes filles et des jeunes gens légèrement vêtus jouant des cymbales et des flûtes. Riant tableau.
l'Ilote, chantant.
Nos maîtres ont des airs revêches Et, sur le front, des feuilles sèches Qu'ils cueillirent en maints combats; Moi, malheureux ilote, j'ose Ceindre le pampre avec la rose.
Hélas ! hélas !
Chrêmes.
Appuyez-vous sur eux; Fleur-de-Sauge, des chaises. Une table, du vin. Allons, prenez vos aises, Faites comme chez vous.
Nos maîtres, toujours en colère, Vivent de bouillie et d'eau claire
Puisée au cours de l'Eurotas.
Moi, pauvre ilote qu'on méprise, Je ris, je chante et je me grise.
Hélas! hélas!
{Pendant cette chanson, des serviteurs oytt apporté une table avec une amphore et des coupes.)
Chrêmes.
Le pauvre homme, il est gai !
J'ai mis la main sur un ilote distingué. Nous vous compléterons.
Sans doute.
Chrêmes.
N'ayez crainte !
Vous vous griserez comme on se grise à Corinthe.
Mieux encore.
Chrêmes.
On en va juger dans un moment.
Je suis connu, Monsieur, avantageusement.
Chrêmes.
Oh! ne vous froissez point !... Mais où donc est Léandre? Hé! Léandre!... Pardon, si l'on vous fait attendre...
Quant à vous, les amis, cessez de bourdonner . Autour du bon ilote et de l'importuner...
(// congédie la foule et les musiciens.)
Il médite, — Léandre !
(7/ sort en courant.)