‹ L'Image Granitée Post-hémoptoïqueChapitre 28 sur 30 · FIG. VIII · texte numérisé non relu

FIG. VIII

Image réticulée.

(Reproduction partielle non réduite d’une zone de la partie moyenne du poumon droit de la fig. VIT).

les voir à travers l'ombre des côtes. Le groupement en rosace, difficile à apprécier par suite du grand nombre d'éléments et de leur petite taille, se voit cepen-

dant nettement sur certains points (fig. X). Dans la moitié supérieure du poumon, au-dessous de la clavicule, l’image en mailles de filet persiste, les nœuds encore assez flous sont plus marqués qu’au début.

Fi. IX

Obs. II. — Cliché III, novembre 1935.

Granité bilatéral bien marqué.

A gauche : sous le collapsus on voit nettement l’aspect granité, moins bien dessiné qu’à droite.

RADIOGRAPHIE IV du 4 février 1936 (Hg XII

A droite : les travées fibreuses sont plus marquées,

surtout entre hile et clavicule, entre hile et diaphragme.

Fic. X

« Granité vrai ».

Base du poumon droit de la fig. IX.

Les micronodules sont moins opaques à la base. Il

subsiste ça et là quelques nodules fortement opacifiés et de taille relativement grande.

LE SÉACH 8

Sous la clavicule, la régression est encore ‘plus nette.

A gauche : le granité est beaucoup moins visible que sur la radio précédente.

RADIOGRAPHIE V du 13 mars 1936 :

Même état.

L'amélioration clinique est également considérable.

FiG. XI

Obs. II. — Cliché IV, février 1936.

L’image granitée commence à pâlir.

L'appétit augmente, fa malade prend du poids (10 kgs d’août à février). Le sommeil est revenu, la malade

déclare que son caractère est transformé. La température est constamment normale. Pas d’expectoration. Quelques douleurs thoraciques légères. Le pneumothorax est régulièrement entretenu sans incidents.

Rien à noter à l’auscultaiion, en dehors du silence respiratoire à gauche.

En résumé : Une jeune fille de 18 ans, présentant depuis plusieurs années des symptômes légers d’atteinte bacillaire probable, et depuis quelques mois des symptômes évidents — dont une petite hémoptysie sans fièvre — fait, après son entrée au sanatorium, une hémoptysie très abondante nécessitant l'établissement d’urgence d’un pneumothorax gauche. A la suite de cette hémoptysie fébrile, bien que la température revienne rapidement à la normale, et bien que l’état général redevienne meilleur qu’avant cet accident, un aspect granité à peu près généralisé se constitue, bien visible dans le poumon controlatéral, et visible bien que moins net dans le poumon collabé.

Au bout de 7 mois, le granité subsiste, mais sa régression est déjà très appréciable.

Notons dans cette observation :

1° Le terrain : lésions fibreuses chez une jeune fille présentant des signes avérés de déséquilibre neuro-végétatif (troubles vaso-moteurs, insomnie, etc.), déséquilibre qui disparaît d’ailleurs au bout de quelques mois de cure sanatoriale.

2° L'établissement du collapsus avant même la fin de l’hémoptysie n’a pas empêché l’apparition du

granité et ne semble avoir modifié profondément son évolution ni dans le poumon collabé, ni dans l’autre.

Obs. 111 (Malade du Docteur AZOULAY). — Granité bilatéral. Nettoyage en 10 mois.

Mme Moi, 37 ans. Pas d’antécédents de tuberculose.

En 1923, infection puerpérale à la suite de laquelle elle reste longtemps fatiguée.

En 1932, pleurésie séro-fibrineuse gauche, après laquelle le Docteur Azoulay la suit systématiquement. Les radios de contrôle montrent seulement quelques tractus sous-claviculaires gauches. D’autre part, forte scoliose dorsale à concavité gauche.

La malade se plaint d’une insomnie presque constante et de bouffées congestives de la face apparaissant par plaques sous diverses influences.

En mars 1935 survient sans prodromes une forte hémoptysie. La température, normale avant cet accident, s'élève le lendemain à 38°2, puis descend en quelques jours.

Une RADIOGRAPHIE prise 3 semaines Dr montre :

Transparence générale diminuée,

À gauche: persistance des tractus sous-claviculaires ;

À droite : caverne en arrière de la clavicule.

Des 2 côtés : apparition d’un semis micronodulaire criblant les 2 champs pulmonaires. Leur dispersion n’est pas absolument régulière, il existe une zone plus condensée entre le hile et le diaphragme à droite : les micronodules ÿ sont presque confluents radiologiquement. Au contraire, les sommets paraissent à peu près indemnes. Quelques nodules plus gros et d'aspect plus denses.

À ce moment, les crachats contiennent des bacilles à l’examen direct.

Dans les mois qui suivent, la malade, envoyée à Bligny, s’améliore progressivement. Disparition des B. K. en 4 mois.

La radio du 26 janvier 1936 montre une forte accentuation des tractus, surtout entre hile et diaphragme à droite, entre hile et clavicule à gauche. Le granité a disparu. Il subsiste quelques taches opaques dispersées.

La malade, toujours en sanatorium, va très bien, dort beaucoup mieux, n’a pas eu de nouvelle hémoptysie.

Obs. IV (Malade du Docteur V. LE PAGE). — Granité bilatéral. Pneumothorax gauche. Nettoyage en 8 mois.

Mlle Le Go. Marie, 20 ans, entrée au sanatorium de La Chapelle-Saint-Mesmin en avril 1935.

Aucun antécédent tuberculeux, familial ou personnel.

Le début de la maladie remonte à janvier 1935, il se fait assez brusquement par de la toux, une expectoration blanchâtre assez abondante, une température vespérale à 38°5 pendant quelques jours, avec sueurs nocturnes, des points douloureux à l’hémithorax gauche. En même temps apparaît une légère asthénie et de l’anorexie avec amaïgrissement (4 kgs de janvier à avril). |

Au milieu de janvier survient une petite hémoptysie de sang pur, rouge vif, venu sans prodromes dans un effort de toux. La température, normale dans les jours précédents, s’élève brusquement à 39° le lendemain de l’hémoptysie, puis descend en 8 jours à la normale, en lysis à oscillations très peu marquées.

EXAMEN D'ENTRÉE (avril 1935) : facies coloré, état

e général assez bon. Sueurs nocturnes peu abondantes. Toux fréquente, le matin surtout, avec expectoration muco-purulente, une quinzaine de crachats par jour avec quelques rares bacilles à l’examen direct.”

La température s’élève les premiers soirs au-dessus de 38°, puis retombe à la normale au bout de quelques jours. | Dentition très mauvaise — appétit médiocre — cons-

tipation — douleurs abdominales fréquentes, erratiques.

Cœur normal, T. A. 9-6 (Vaquez), pouls à 84 (après pression des globes oculaires : 84 également).

Règles irrégulières, peu abondantes en général, s’accompagnant souvent de migraines et d’un état fébriculaire.

Etat psychique : anxieuse, instable.

Sommeil mauvais, insomnies fréquentes.

Migraines. Congestion de la face après les repas.

— À l’auscultation : râles bulleux au sommet gauche dans les fosses sus et sous-épineuse et sous-claviculaire.

RADIOGRAPHIE I du 8 avril 1935 :

À droite : visibilité exagérée des réseaux — tractus entre hile et clavicule et à la partie moyenne du champ pulmonaire.

A gauche : taches et marbrures constituant à la partie moyenne une plage d’opacité non homogène, avec assez large spélonque.

Le 29 avril 1935 survient sans prodromes une abondante hémoptysie, répartie en 3 fois à 2 jours d’intervalle, un crachoir de table est rempli chaque fois (250 cc. environ). Phénomènes fonctionnels (dyspnée, angoisse, cyanose) réduits au minimum. La température, très légèrement subfébrile (37°7) avant l’hémopty-

sie, s’élève le lendemain du début à 38°, le surlendemain à 39°5, reste pendant 4 jours en plateau au-dessus de 39°, puis redescend lentement sans oscillations en une dizaine de jours, pour atteindre son état anté-

Fic. XII

Obs. IV. — Cliché de mai 1935 (3 semaines après une hémoptysie). ;

Aspect granité du poumon gauche et de la partie moyenne du poumon droit (moins marqué à ce niveau).

rieur (mais au bout de quelques jours remonte un peu pour osciller pendant un mois au-dessus de 38°).

À l’auscultation, pendant une quinzaine de jours : râles bulleux sur toute l’étendue du poumon gauche.

RADIOGRAPHIE du 18 mai 1935 (fig. XII) :

Pas de modification appréciable des lésions antérieures. Apparition d’une: image en maille de filet particulièrement marquée à gauche au-dessous des lésions et à droite à la partie moyenne.

Le 29 mai 1935, un pneumothorax gauche est institué en raison de l’ascension thermique. Malgré des brides multiples gênant le collapsus, une augmentation de poids survient (4 kgs en 5 mois), avec apyrexie, et disparition des bacilles dans les crachats.

RADIOGRAPHIE du 29 juin 1935 :

À gauche : collapsus avec brides du sommet.

On devine l’aspect granité à la base. |

À droite : l’image granitée de la partie moyenne est plus précise, sans que les micronodules soient encore très bien isolés (image intermédiaire).

RADIOGRAPHIE du 15 novembre :

À droite : l’image granitée a pratiquement disparu.

Quelques tractus et fins nodules d’opacité dense.

A gauche: ïinappréciable par suite du collapsus, mais le granité semble disparu.

En décembre, réapparition des bacilles et de l’instabilité thermique. Une section de brides est faite en janvier sur le pneumothorax gauche, elle est difficile et aboutit à une poussée importante de liquide sérofibrineux avec température à 38°5 le soir. Actuellement très améliorée. Le poumon gauche collabé est invisible par suite du liquide, le poumon droit présente à peu près le même aspect qu’en novembre.

En résumé : Une jeune fille de 20 ans, malade depuis 3 mois et ayant déjà fait une hémoptysie fébrile, crache de nouveau du sang en présentant tous

les signes d’une poussée congestive. Un granité apparaît, bien visible à gauche, côté des lésions, et également à droite où il est assez bien limité à la partie moyenne. Un pneumothorax ayant été pratiqué à gauche, il est difficile de suivre l’évolution du granité. À droite, il disparaît en 8 mois. Notons dans cette observation :

1° Le fait que la première hémoptysie, bien que moins importante que la deuxième, a donné la méme courbe fébrile, type poussée congestive, mais sans apparition du granité.

2° Les troubles nerveux à type de sympathicotonie : réflexe oculo-cardiaque, migraines, instabilité psychique, insomnies, bouffées congestives.

3° L’établissement du collapsus ne semble pas avoir influé sur l’évolution du granité.

Obs. V (Malade des Docteurs V. LE PAGE et THORAIN). — Apparition d’une image granitée 6 jours aprés le début d’une hémoptysie.

Mlle Pes.…, 16 ans, chocolatière, remplissait de façon satisfaisante un métier assez pénible. Elle n’a jamais eu de maladies graves, n’a jamais toussé.

Sa mère est morte de congesiion pulmonaire (?), son père est vivant et bien portant, elle a 2 frères en bonne santé.

En mars 1935, elle fait un épisode fébrile étiqueté grippe. Sa température s’élève brusquement à 39° et redescend en quelques jours à la normale. Mais la malade reste asthénique, elle transpire la nuit et ressent de vagues douleurs surtout du côté gauche du thorax. À la banale expectoration blanchâtre du début

lo

se substituent bientôt des crachats épais et blanchàtres. L’appétit est médiocre, la malade maigrit de 1 kg en un mois.

En mai 1935, une petite hémoptysie de sang rouge vif amène la malade à cesser son travail et à consulter au Dispensaire de Troyes. On y pratique un examen de crachats qui montre la présence de B. K. La malade entre au sanatorium de La Chapelle-Saint-Mesmin le 27 juillet 1935.

EXAMEN D'ENTRÉE : état général satisfaisant, facies coloré, température normale.

2 à 3 crachats muco-purulents par jour, bacillifères. Appétit médiocre. Bouffées congestives après les repas. Règles régulières. Cœur normal. Caractère très irritable.

Examen physique : submatité de la partie interne de la région sous-claviculaire gauche et de la région interscapulo-vertébrale gauche -— râles bulleux après la toux dans les mêmes zones.

RADIOGRAPHIE du 27 juillet 1935 :

À droite : normal — petite calcification hilaire.

A gauche : tractus opaques entre hile et clavicule à gauche. Spéléomorphie douteuse en arrière de la clavicule.

Décision : à surveiller, mais pas d'urgence pour la collapsothérapie.

Le 22 septembre survient sans prodromes une hémoptysie abondante qui se continue le lendemain. La température, à 36°9 et 37° Je premier jour, s’élève le deuxième à 38°4, pour revenir progressivement à la normale en une semaine.

RADIOGRAPHIE du 28 septembre :

A droite : pas de changement.

À gauche: aucune modification des lésions antérieures. Apparition à la partie moyenne du poumon,

contre le hile, d’une image en maille de filet floue, un peu irrégulière, peu étendue.

Au bout d’un mois, l’aspect ne s’est pas modifié. La malade rejoint alors son domicile et n’a pu être suivie plus longtemps.

Obs. VI (Maälade du Docteur V. LE PAGE). — Aspect micronodulaire bilatéral. Aggravation, mort 3 mois après.

Mme Pir.…, 26 ans, entre au sanatorium de la Chapelle-Saint-Mesmin le 5 novembre 1934.

Antécédents familiaux : pas de contact infectant connu.

Antécédents personnels : en 1919, pleurésie droite (?)

En 1928, accouchement normal (l’enfant est bien portant).

Sa santé est bonne jusqu’en juin 1934. A ce moment, elle se sent fatiguée, tousse légèrement et se plaint de douleurs au sommet droit.

En septembre 1934, petite hémoptysie, 50 cc. environ, sans fièvre.

A partir de ce moment, elle tousse davantage et expectore des crachats jaunâtres bacillifères, elle perd l'appétit et maigrit. Elle est alors envoyée en sanatorium.

EXAMEN D'ENTRÉE : état général assez bon, température normale. Une dizaine de crachats par jour, mucopurulents, fortement bacillifères.

Auscultation : râles bulleux des 2 côtés au sommet.

Cœur normal, T. A. 10-6 (Vaquez).

Corps thyroïde augmenté de volume, sans signes apparents de Basedow (le métabolisme n’a pu être étudié).

RADIOGRAPHIE : lésions bilatérales fibro-caséeuses.

A droite : très légère attraction médiastinale et tra-

chéale, opacité non homogène du sommet, caverne dans l'angle sous-claviculaire externe — taches et marbrures à la partie moyenne.

À gauche : taches dans la moitié supérieure du poumon avec aspect en mie de pain.

FiG. XIII

Obs. VI : Mme Pir…. — C1. de déc. 1934.

Granité bilatéral.

Quatre jours après son entrée, la malade présente une hémoptysie abondante, entraînant des signes d’anémie intense.

La température, élevée à 37°9 la veille et le matin de l’hémoptysie, s’élève le soir à 40°1. Elle retombe à 38°7 le lendemain, et redescend à 37°3 en une dizaine de jours, en lysis à oscillations assez marquées. L'état général, grave après l’hémoptysie, s'améliore mais reste peu brillant. Il persiste une légère dyspnée. La température, après une rémission de 3 ou 4 jours, se remet à osciller entre 37° et 38°.

Auscultation : râles bulleux aux sommets, râles fins dans l’étendue des deux poumons.

RADIOGRAPHIE II (fig. XIII), 7 décembre 1934 (un mois après l’hémoptysie) : apparition dans les deux champs pulmonaires d’un semis miliaire régulier, semblant respecter le sommet gauche.

Les micronodules ont 1 à 2 mm. de diamètre. Ils ont des contours un peu flous, mais sont assez opaques pour être visibles à travers l’opacité costale. Ils sont souvent groupés en rosaces et réalisent en certains endroits des aspects en pseudo-nids d’abeille.

Les travées sont presque inexistantes.

Il ne paraît pas y avoir de modification des lésions préexistantes.

EVOLUTION : l’état général s'aggrave. La température s’élève de plus en plus, ses oscillations se font plus grandes, et 3 mois après l’hémoptysie la courbe revêt un aspect hectique.

La dyspnée augmente, devient intense.

Les râles deviennent plus nombreux, plus gros, plus humides, prennent un timbre bulleux.

Cependant, l’expectoration, toujours fortement bacillifère, n’augmente pas.

L'image granitée ne se modifie pas, le contour des micronodules reste flou.

La malade est renvoyée dans sa famille en février et meurt 2 jours après son arrivée.

En résumé : Une femme de 26 ans présente, après une phase de prodromes généraux, une petite hémoptysie afébrile pour laquelle elle est envoyée en sanatorium. Elle y arrive avec un assez bon état général, une température normale, des crachats bacillifères. Quatre jours après son arrivée survient une abondante hémoptysie fébrile. Un mois après, on constate un aspect granité étendu aux deux champs pulmonaires. Mais dans la suite, l’état général s'aggrave, on entend des râles bulleux dans l'étendue des 2 poumons. La malade meurt au bout de trois mois, après avoir présenté une température élevée et oscillante, et une dyspnée intense, sans que l’image radiologique se soit modifiée.

Obs. VIT et VIII (publiées par J. DurTREy. Résumé).

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