‹ L'imaginatiom et ses variétés chez l'enfantChapitre 11 sur 24 · VARIÉTÉ DES IMAGINATIONS, SES CAUSES · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ DES IMAGINATIONS, SES CAUSES

Les images sensibles en effet se mêlent à toutes nos pensées, ou plus exactement, comme le remarquait Aristote, nous ne peiisons pas sans image. L'idée la plus abstraite même et la plus immatérielle s'incarne dans le mot qui est déjà une forme sensible. « Quand je pense, dit 3L Taine, à un objet particulier, le Louvre par exemple, il y a en moi quelque image de la sensation visuelle que j'aurais en sa présence. — Quand je pense à un objet général, l'arbre ou l'animal, il y a en moi quelque débris plus ou moins vague d'une image analogue, et en tout cas l'image de son nom, c'est-à-dire des sensations visuelles, auditives, musculaires, que ce nom exciterait en moi, si je le lisais, si je le prononçais, ou si je l'entendais. — Partant, dans toutes les opérations supérieures que nous faisons au moyen de noms abstraits, jugements, raisonnements, abstractions, généralisations,

et sont réfraclaires ù tout le reste ; d'où résulte le caractère particulier de l'esprit de chacun. » (Rabier.) — Gratiolet a écrit de même {Anat. comparée) : « A chaque sens correspond une mémoire qui lui est corrélative, et l'intelligence a, comme le corps, ses tempéramenls qui résultent de la prédominance de tel ou tel ordre de sensations dans les habiludes de l'esprit. »

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combinaisons d'idées, il y a des images plus ou moins effacées ou plus ou moins nettes '. »

De là suit une conséquence importante. L'équilibre des divers genres d'images ou bien la prédominance très accentuée de l'un d'entre eux, mettant à notre disposition pour imaginer, juger et raisonner tout l'ensemble ou, au contraire, une catégorie presque exclusive des souvenirs, il en résulte que chez une personne plus particulièrement douée par exemple pour les sensations optiques et peu sensible en même temps à toutes les autres impressions, ce ne sera pas la mémoire seule qui sera visuelle, mais encore l'imagination active, le jugement, le raisonnement et le langage intérieur. Partant, il est possible de distinguer, d'après l'importance et le rôle des diverses sortes d'images dans les habitudes de l'esprit, quatre variétés d'individus, quatre types principaux - :

[1) Ouv. cité, t. II, p. 23.

(2) Cette distinction, dont l'idée première appartient à M. le professeur C/iarcot, est entrée déjà dans la psychologie classique : « La physiologie des organes des sens, dit M. Worms {Précis de philosophie), distingue trois tempéraments principaux : le tempérament visuel, le tempérament auditif et le tempérament moteur. Pour les visuels, toute idée se traduit en une image figurée; les auditifs ont dans l'oreille le son des mots correspondant à toute pensée qu'ils forment ; les

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ies types normal ou moyen, visuel, auditif et moteur.

Nous réservons pour un chapitre ultérieur l'étude du type moyen, et nous allons analyser successivement les autres, en commençant par un type assez répandu, semble-t-il, le type visuel.

moteurs, inconsciemment, miment ou prononcent tout ce ■qu'ils pensent. Ces sortes de tempéraments ont, en psychologie, une importance considérable, parce qu'ils touchent de près à la formation et à Vexpression des idées. »

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