VARIÉTÉ DES IMAGINATIONS SES CAUSES ET SES CONSÉQUENCES
Variété des imaginations ou des mémoires. — Elle provient de l'aptitude de chacun à percevoir plus spécialement un ordre de sensations. — Cette aptitude s'explique par la différence de constitution cérébrale, laquelle paraît en dernière ligne due à l'hérédité. — Connexité du développement des images verbales et de celui des autres images. — Les images et la pensée. — L'équilibre des diverses espèces d'images ou la prédominance de l'une d'entre elles, cause de la diversité des cspints. — D'où l'existence de plusieurs variétés d'individus, de plusieurs types sensoriels : visuel, auditif, moteur, normal ou moyen.
Il n'est assurément personne qui n'ait remarqué ]a façon multiple dont se comporte la mémoire chez les enfants : alors que celui-ci retient surtout les faits ou les lieux, celui-là les chiffres ou les dates, l'un se rappellera plutôt les mots ou les idées, l'autre, les couleurs, les sons ou
3i l'imagination ET SES VARIÉTÉS CHEZ l'eNFANT
les mouvements. Cette variété dans la conservalion des souvenirs n'est au fond qu'un cas particulier de l'inégalité des genres d'images^ et celleci provient elle-même de Vaplilude de chacun à jjercevoir plus particulièrement un ordre de sensations ^ .
En sorte que « celui qui est bien doué pour la perception des qualités sensibles, qui a le sens des couleurs, des sons, des saveurs, garde le souvenir de ces qualités. Celui qui conçoit nettement les notions scientifiques ^ qui représentent la nature au moyen d'abstractions et de symboles, conserve mieux qu'un autre le souvenir des notions de ce genre et les a, au besoin, à sa disposition. — Il est rare que le même esprit soit à la fois bien doué pour la perception et la mémoire
(1) C'est là une conséquence de ce que nous avons dit au sujet du siège commun de la sensation et de l'image, car il est clair que plus le centre cérébral est propre à recevoir une impression, plus il l'est aussi à la conserver et à faire renaître l'image correspondante.
(2) La conception des idées abstraites n'est encore, il est vrai, rattachée immédiatement à aucun organe ; « le siège de leur reproduction n'a pu être localisé jusqu'ici d'une manière précise. Mais, comme elles résuUenl sans aucun doute d'une associalion ou d'une dissociation des états primitifs, nous n'avons aucune raison de supposer que, en ce qui les concerne, les choses se passent différemment ». (Ilibot.)