‹ L'imagination de l'artisteChapitre 39 sur 39 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

'années d'apprentissage. Le maître n'a pas le droit j de s'en désintérosscîr, car ils font partie inlégranle et essentielle d'une éducation ârtisticjue. On l'a compris, ce me semble, dans les écoles d'art décoratif récemment l'ondéos ; de là la vitalité de cet | enseignement. Cette vérité a-t-elle suffisamment j pénétré nos écoles de dessin, de peînlureel de sculpture? Il est permis d'en douler. Dans combien d'ale- ] liers les exercices do composition ont-Us l'impor- | tance qu'ils devraient avoir, et aonl-ils l'objet d'un : enseignement méthodique? Si (juelqucs maîtres ont ' le souci de développer l'initintivc et la personnalité de leurs élèves, combien en est-ii (pii s'en dispensent, comptant que tout cela viendra plus tard, par surcroît; comme si l'on pouvait impunément sus- j pendre pendant quelques années l'exercice des facultés Imaginalivcs! A ce régime elles s'atrophieront définitivement, ou tout à coup, réagissant contre cette longue compression, s'échapperont en inventions désordonnées. Pour éviter ce double écueil, de la banalité ou de l 'excentricité, ne seraitil pas plus sage de les soumettre à un entraînement i normal et progressif? I

11 faut songer enfin h leur trouver quelque noble I stimulant. Ceci n'cst-il qu'une utopie? Dans l'édu- | ealion d'un artisti', je voudrais que quelque chose j fCil l'ail pour exalter l'imaginat ion, pour laj^iortcrau 1 nuiile h rïqîic. Ouc l'artisle ne se laisse pas ab.sorber | "lout entier par son art! {}\i'i\ entre dans le chrcur I des muses! Qu'U écoule les musiciens et lise las I poêles ! La musique affinera en lui le sens du rythme j et de l'harmonie. Les poètes enrichiront son réper- ( loire d'images et Je métaphores; ils développeront j

en lui ce senlimenl de la nature dont est si profondément imprégnée la poésie moderne ; et il pourra s'inspirer de leurs (Euvres sans rien perdre de son originalité, parce qu'elles sont d'un ordre différent. Ces deux arts, moins concrets que le sien, lui feront comprendre que toute la beauté n'est pas dans les réalités visibles , dans les images du monde extérieur, auxquelles il serait tenté de se borner, mais aussi dans les sentiments profonds, dans les vibrations intérieures de Tâme humaine. S'il était tenté de s'abaisser, de chercher le succès dans les œuvres faciles et de pur artifice, dans la simple imitation des réalités vulgaires, ces deux voix hautes et pures le rappelleront à l'idéal.

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