‹ L'imagination [electronic resource]Chapitre 110 sur 122 · Ouv. cité, p · texte numérisé non relu

Ouv. cité, p

Cependant ils ont toujours PinconA^énient de susciter des idées, détournant à leur profit l'attention qui ne devrait se porter que sur le sentiment. On fera donc en sorte qu'ils n'évoquent du moins que des idées vagues, indéfinies, sorte d'indication générale du sentiment, de scénario ou de thème qui l'inspire et ne l'enchaîne point. « Pour cela » les symholistes « usent d'une imprécision naturelle ou artificielle. Tout flotte dans un rêve, hommes et choses, souvent sans marque dans le temps et l'espace : il se passe quelque chose, on ne sait où ni quand ; ce n'est d'aucun pays, d'aucune époque ; c'est la Forêt, la Ville, le Chevalier, le Bois, le Pèlerin, quelquefois moins encore : //, Elle, On ; href, tous les caractères vagues et instables de l'état affectif pur ' » .

Gela ne suffit pas encore. « Les musiciens rigoureux, ditHôFFDiNG, demandent qu'on ne donne aucun titre aux compositions musicales, afin qu'il ne se produise aucune série dominante de représentations qui puisse affaiblir l'effet des sensations immédiates ^ » Les symbolistes sont entraînés de même par la logique de leur système à retirer aux mots toute signification, et à leur donner « une valeur exclusivement émotionnelle ». « Ordinairement la pensée s'exprime par le mot; le sentiment, par les gestes les cris, les

Page 1