I. h' Imagination créatrice, p
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS Siy
L'objet de la science et de Fart étant ainsi défini, le propre de Fimagination scientifique sera de saisir les analogies les plus profondes entre les phénomènes en apparence les plus dissemblables, par exemple entre la combustion et la respiration, entre l'hydrogène et les métaux, entre Féclair de la nue et l'étincelle de la machine électrique, entre le magnétisme et l'électricité, entre la montée des corps légers à la surface de l'eau et l'ascension des ballons, entre la chaleur, la lumière, le son, etc., d'une part, et le mouvement de l'autre, etc. , etc. ; et le propre de Fimagination esthétique sera, de même, de saisir des analogies entre des faits aussi différents que les aspects de la nature et les sentiments de l'homme. Exemple:
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur
— que des sentiments et des sensations (ex. : un cœur chaud, une huniieur piquante, des propos salés, — un vin généreux) — que des sensations de sens différents (ex. : des tons chauds, des couleurs froides, une musique colorée) que des sentiments hétérogènes (ex. l'identification classique, si juste et si profonde, de l'avarice et de la vertu rigide).
Nous n'avons parlé jusqu'ici que d'associations naturelles, OU' qui nous ont paru telles, mais il en est d'autres (et en plus grand nombre), artificielles, cherchées, contestables tout au moins, qui partent du même principe et reposent sur la même loi. Ce ne sont pas les moins instructives. La violence que Fesprit fait subir à des choses différentes pour les faire entrer dans les mêmes cadres montre combien le procédé d'assimilation lui est propre et naturel.
Nous comprennons, je devrais dire nous concevons ou imaginons, peu de choses, et à ce peu que nous comprenons nous ramenons tout le reste. Une image nette, saisissante et forte, se forme-t-elle en nousP Elle devient un centre de perception. Nous ne recevons plus désormais du dehors que les impressions qui s'y rapportent. Elle devient un centre d'images. Nous ne pourrons plus former d'autres idées que celles qui se rapportent à l'idée maîtresse. Le point de vue où nous nous plaçons nous cache tous les autres. Mais, en revanche, comme il éclaire, comme il fait ressortir l'horizon où il nous enferme ! Il est un centre de vision distincte. L'image qui nous est familière ou chère, qui occupe ou qui séduit notre esprit, nous paraît illustrer toutes choses. Nous la projetons sur les objets les plus différents, et nous trouvons qu'elle s'y adapte, soit que nous nous en tenions aux analogies les plus superficielles, soit que nous découvrions des analogies subtiles et cachées.
C'est ainsi que les mouvements des corps paraissent figurer les inclinations de l'àme (Malebranche), que l'attraction paraît être la loi des passions (Fourier), que les dogmes théologiques semblent des vérités philosophiques entrevues, que la réversibilité des mérites est, pour de Maistre, la saisissante image de la solidarité humaine. Il n'y a pas de vérités nouvelles qu'un philosophe ne croie pouvoir adapter ainsi à son système, un croyant à sa foi. Le bon M. de Sicy se persuade que la doctrine de saint Augustin renferme en substance les trésors de sagesse humaine que Pascal extrait pour lui d'EpiCTÈTE et de Montaigne, que ces auteurs ne peuvent rien lui apprendre qu'il
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS SlQ
n'ait rencontré déjà « dans la lecture de ce grand saint », et que le tour philosophique et chrétien, que Pascal donne à l'interprétation de ses auteurs favoris, est encore selon l'esprit du docteur de la grâce, pour ne pas dire qu'il en vient. Nous sommes tous ainsi : nous retrouvons nos propres idées dans la pensée des autres, nous sollicitons cette pensée, nous la tirons à nous par des détours compliqués, subtils et pourtant naïfs, usant à cet effet de comparaisons, d'allégories et de symboles. Ainsi apparaissent à la fois les bornes étroites et les ressources prodigieuses de l'esprit inventif.
Notre imagination se développe donc selon la loi de similarité. Une idée saisissante s'empare de nous : elle devient un terme de comparaison, la mesure à laquelle nous rapportons toutes choses, le type selon lequel nous construisons nos représentations et percevons les objets mêmes.
§ 3. — Cependant, si l'imagination procède toujours par comparaison, la similarité n'est pas sa loi unique. Il y a des esprits qui se plaisent dans le contraste, dans les oppositions violentes. Les idées se présentent à eux par couples : « les rayons et les ombres », — la grandeur et la misère de l'homme, — la jeunesse et la mort.
Ces couples, sans doute, sont formés de termes de même espèce : le contraste n'est pas une différence quelconque, mais une différence extrême entre des choses de même nature ; il enveloppe donc une ressemblance. Mais cette ressemblance qu'il enveloppe est-elle le principe de l'association? En aucune
manière. C'est le contraste, en tant que tel, non en tant que réductible à la ressemblance, qui commande et dirige le cours des représentations.
Comment donc le dirige-t-il ? Lorsqu'une image prédominante appelle à elle des images qui la contredisent, au lieu d'images similaires, c'est pour la même raison, à ce qu'il semble, que des cœurs, peu enclins par nature à la tendresse, arrivent indirectement à l'amour par la haine : ainsi on n'est attaché souvent à un parti politique que par l'aversion qu'inspire le parti adverse. L'idéal n'est alors qu'un pis aller, que la contre-partie d'une réalité qu'on repousse. L'Allemagne poétique de Tacite ou de M'"" de Staël peut être prise pour exemple de fictions ainsi créées selon la loi de contraste.
Au lieu d'une imagination qui puise directement dans la réalité les éléments dont elle se nourrit, et qui se complaît en son œuvre, au point d'y rapporter naturellement tout ce qu'elle rencontre au dehors, nous avons alors une imagination inquiète, qui ne défend son idéal qu'en entretenant et fortifiant en elle le dégoût de la réalité. Pour la première imagination, il ne s'agit que de se développer et de s'enrichir; pour la seconde, il s'agit d'être. La première est triomphante, sereine ; la seconde est violente, heurtée, en quelque sorte agressive.
De plus, il est dans la nature de tout idéal de se flétrir. L'esprit ne demeure pas fidèle à ses rêves. Nous avons montré qu'il oscille de l'enthousiasme au dédain. En développant ses conceptions, il les conduit à leur terme naturel qui est le désenchantement ou la fin du rêve. Il réagit contre les illusions qui l'ont
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
trop long temps séduit. Il s'acharne contre elles, détruit ses idoles et s'en forge d'autres. A plus forte raison réagit-il contre son éducation, contre la suggestion d'un idéal imposé par surprise. La loi de réaction ou de contraste commande l'évolution politique, philosophique, scientifique et artistique chez les individus et dans la société. Si rien ne se fait dans la nature par sauts, il n'en est pas de même dans l'humanité : là règne l'imagination avec ses bonds imprévus, ses élans désordonnés, ses brusques retours, ses révolutions.
Le contraste est donc une loi de l'imagination, soit qu'on le considère comme la condition sans laquelle certaines images ne sauraient se constituer, à savoir celles dont on dit qu'elles ne se posent qu'en s'opposant, soit qu'on le considère comme la forme qu'affectent le développement de l'imagination, ses progrès et ses reculs, ses phases d'exaltation et de dépression, ou, d'un mot, ses révolutions successives.
En résumé, quand on réduit l'imagination à n'être que le pouvoir de former et de combiner des images, on est conduit à la diviser en trois classes, suivant qu'elle se développe d'après l'une ou l'autre des trois lois de l'association des idées : l'imagination reproductrice, ou évocation du passé, régie par la loi de réintégration, et plus particulièrement par la loi de contiguïté, — l'imagination créatrice, se développant elle-même, tantôt selon la loi de similarité, tantôt selon la loi de contraste, et formant ainsi et par là deux espèces distinctes.
Mais il semble qu'on doive remonter plus haut. Car dire que l'imagination est soumise aux lois de l'association des idées, c'est presque ne rien dire. Ces lois ne sont pas des lois, elles portent que « telle idée peut et non pas qu'elle doit susciter en nous telle autre ^ » ; autrement dit, elles laissent échapper, se soustraire à leur action les phénomènes qu'elles sont censées régir. Elles ne peuvent donc, à ce qu'il semble, servir de base à une classification sérieuse et vraiment instructive des formes de l'imagination. Si l'imagination, en effet, se développe indifféremment selon l'une ou l'autre des lois de l'association, elle n'a donc pas proprement de lois, ni partant de formes ou d'espèces déterminées .
A cela nous répondrons d'abord que l'indifférence supposée n'existe pas, ensuite que, quand elle existerait, il y aurait encore une loi, à savoir celle-ci que l'imagination ne peut se développer que selon l'une ou l'autre des lois que l'on distingue. Quand il nous resterait à expliquer le fait de la prédominance de telle ou telle forme d'association, ce serait déjà pour nous quelque chose de savoir où s'arrête le nombre des formes possibles. Mais ce fait lui-même n'est pas sans raison. Il se déduit du tempérament de chacun et peut être prévu dans la mesure où un tempérament se laisse deviner et saisir. Les esprits sont divers, partant poursuivent des fins différentes, par des moyens différents. Leur nature commande la forme de leurs images, la direction, et le cours de
I. Lachelier. Psychologie et Métaphysique. Cf. Paulhan. L'Activité mentale, p. /408 et suiv.
RÉSUMÉ ET COINCLUSIONS
leurs associations. Il y a dans Pimagination un facteur personnel, — l'idiosyncrasie de tempérament, — auquel il faut s'arrêter comme à une explication dernière. Encore le tempérament n'est-il pas peut-être une donnée immuable, et l'imagination serait alors deux fois instable, en tant qu'elle dérive du tempérament qui varie, et en tant qu'elle est elle-même et par nature un principe de changement, la faculté par laquelle l'homme renouvelle et transforme sa nature, crée sa destinée au lieu de la subir.
§ I . — Nous avons parlé de l'imagination comme d'un simple pouvoir de former et de combiner des représentations. Il faut l'envisager maintenant comme le pouvoir de donner la vie aux représentations formées.
La croyance, on l'a vu, est inséparable de l'image. Elle en est le complément naturel, la suite nécessaire. Est-il même rigoureusement exact de dire qu'elle en est le conséquent ? N'en est-elle pas, en un sens, le principe, j'entends l'élément, non seulement essentiel, mais encore initial ? N'est-ce pas l'intérêt qu'on porte aux choses, la foi avec laquelle on les saisit et les embrasse, qui stimule l'imagination, Factionne et la dirige, qui est le primiim movens, l'occasion déterminante des représentations claires, nettes et précises? Ne faut-il pas croire d'avance aux choses pour ne pas passer à côté sans les voir? Ne faut-il pas se porter vers elles avec une sorte d'élan pour les
L IMAGINAriÔÏN
remarquer d'abord, pour s'en former ensuite unë représentation adéquate ? Si une représentation vive, brillante, ou seulement soutenue, engendre la foi en l'existence des choses représentées, la foi prévenante à son tour suscite une représentation brillante et forte de son objet. En un mot, si l'image agit sur la croyance^ la croyance réagit sur l'image.
Ainsi, lorsque l'imagination se flétrit, on peut presque sûrement dire que c'est la foi qui décline. En effet, ce n'est pas qu'alors nécessairement la mémoire baisse ou la constructivité fasse défaut ; au contraire, d'une part, on a plus d'expérience et de souvenirs, de l'autre, l'esprit s'est développé, a élargi ses vues, sait mieux l'art des combinaisons ; on est donc, semble- t-il, dans des conditions plus favorables que jamais pour former des images. D'où vient qu'on n'en forme point ? Ce n'est pas qu'on en ait perdu le pouvoir, c'est qu'on n'en éprouve plus le besoin. L'intérêt a décru. « Qu'importe ! à quoi bon ? » C'est là le mot qui glace l'imagination, en tarit la source. La faiblesse de santé intellectuelle et morale, l'abaissement du ton émotif, la perte de la foi, voilà à quoi souvent se réduit ce qu'on appelle le manque d'imagination. L'épithète qu'on accole sans cesse au mot imagination, épithète de nature et non de circonstance, comme on dit dans les classes, est celle d' « ardente » ou de « passionnée » ; par là encore on indique clairement que la source d'où jaillit le flot impétueux des images est l'émotion ou la foi.
Pour prendre un exemple, à qui n'est-il pas arrivé, relisant ses lettres d'autrefois, de s'étonner de les
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
avoir écrites, et de s'appliquer ce joli mot de la comédie :
Où diable mon esprit prit-il ces gentillesses ?
Le sentiment qui les dicta s'est évanoui ; on ne retrouverait plus ces images chaudes, vibrantes et colorées, ces accents de vérité et de naturelle éloquence. Le charme est rompu, la croyance est morte, et l'imagination s'est éteinte.
La foi fait donc partie intégrante de l'imagination. Même, s'il fallait choisir entre les deux éléments de la synthèse imaginative, le pouvoir constructeur et l'élan de la croyance, c'est au second peut-être, comme au plus essentiel, qu'il faudrait donner la préférence.
Considérée comme le pouvoir, non plus de former des conceptions, mais d'adhérer aux conceptions qu'elle forme, l'imagination comprend autant d'espèces qu'il y a de principes de croyance ou de critères de la réalité.
L'esprit, en effet, a plus d'une façon d'appréhender l'être ou plutôt de juger de la réalité. Il tient pour réel, tantôt ce qui se réalise au dehors, ce qui a une existence matérielle, visible et tangible, tantôt ce qui vit dans les traditions, les mœurs, les institutions et les coutumes, tantôt ce qui n'existe qu'en lui-même, ce qui est le produit direct de sa pensée, l'expression d'une conviction personnelle et intime. Il y a donc deux sortes de critères : objectifs et subjectifs.
§ 2. — L'imagination qui se réfère au critère objectif est l'imagination technique et l'imagination
DuGAS. 19
scientifique, en tant que la science s'appuie en dernière analyse sur l'expérience, la prend pour arbitre et pour juge souverain de ses théories. Cette forme d'imagination n'est ni la moins souple ni la moins hardie en ses conceptions; il faut, en effet, qu'elle s'adapte à la complexité des choses, que sa fécondité soit égale à celle de la nature; or, elle ne peut qu'être toujours au-dessous ; « nous n'enfantons que des atomes au prix delà réalité des choses » (Pascal). Pour être la plus réglée, la plus assurée en sa marche, l'imagination objective n'est donc pas, nécessairement au moins, la plus bornée en son essor. En fait, elle est seulement la plus malaisée à constituer, et, en dépit des apparences, la plus rare. Faisons abstraction de la fécondité même, sans laquelle pourtant on peut à peine dire que l'imagination soit, ne considérons que le but visé : l'objectivité des conceptions. Combien de fois est-il réellement atteint? Les gens qui se vantent d'être pratiques sont nombreux ; peu cependant réussissent à l'être. L'imagination objective a ses utopistes. L'imagination, qu'on appelle utopique, est en effet proprement caractérisée par le souci constant de matérialiser ses conceptions; elle accepte le critère de l'objectivité; en principe, elle n'en reconnaît pas d'autre ; mais il lui manque de savoir l'appliquer. Elle est objective à faux. Elle se perd en outre dans la minutie, dans la réglementation du détail. Pour un but infime qu'elle atteint, elle en manque dix autres essentiels, qu'elle devrait poursuivre, et ne songe pas à poser. Or, l'imagination pratique, en tant que telle, n'est pas dispensée, mais, au contraire, expressément tenue d'être systématique,
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS 827
intelligente et large. Aussi, quand elle est accomplie et parfaite, n'est-elle inférieure à aucune autre ni par la fertilité des inventions, ni par la grandeur de l'idéal visé, ni par la rigueur de la méthode. Mais ce qui la distingue entre toutes, c'est la confiance qu'elle a en ses conceptions par le fait même de leur réalisation matérielle, c'est la sécurité et le repos d'esprit qu'elle puise dans la confirmation par l'expérience de toutes ses pensées. Il n'y a pas de certitude, en un sens, plus entière que celle qui résulte de l'accord ferme et bien établi de l'esprit avec la nature.
En regard de l'imagination proprement objective, qui prend pour règle ou critère le fait irrécusable, brutal de la réalité matérielle ou positive, se place l'imagination qui trouve un motif de croire à ses propres conceptions, dans l'adhésion qu'elles rencontrent au dehors. Telle opinion personnelle, qui doute d'elle-même, est rassurée par la faveur qui l'acclame ; quand elle se sent portée et soulevée par un courant de sympathie, elle devient forte et inébranlable. L'assentiment des autres est pour nous, d'abord un appoint, ensuite un motif de croyance. D'ailleurs, quand on adopte comme critère de croyance l'objectivité, c'est-à-dire le succès, il faut bien en venir à tenir pour valable le succès d'opinion, d'approbation et d'estime pour tout un ordre de faits qui ne comportent pas d'autre objectivité, j'allais dire d'autre sanction, à savoir les faits dits subjectifs ou psychologiques. Ces faits s'afïirment au dehors, en se communiquant, en devenant sociaux. L'histoire apparaît comme une sorte de matérialisation des idées, des sentiments, et il est des esprits ainsi faits qu'ils n'a-
perçoivent, ou du moins ne tiennent pour réels les idées et les sentiments que lorsqu'ils se matérialisent ainsi en coutumes, en codes, en institutions et autres réalités sociales. Tels sont par exemple les politiques, les historiens, les orateurs. Tandis que les moralistes ou psychologues regardent les faits psychologiques comme directement réels, et les mœurs ou coutumes, dans lesquels ces faits se traduisent, comme dérivés et accidentels, les historiens, au contraire, tiennent cellesci pour la cause, les autres pour l'effet, ou mieux celles-ci pour la proie, les autres pour l'ombre. Des esprits de cette sorte en viennent à avoir besoin, pour croire à leurs propres conceptions, de les voir passer dans l'âme des foules ou revêtir quelque forme sociale. De là par exemple, pour les croyants, la nécessité d'une (( Eglise », c'est-à-dire d'une « réunion des fidèles ». De là, pour l'orateur, la nécessité de se sentir en communion d'idées avec son public. « C'est ainsi que TocQUE VILLE, après un discours chaleureux et prophétique, auquel les événements n'allaient que trop donner raison, se prit à douter de lui-même, quand il vit l'assemblée se refuser à partager ses convictions \ »
L'assentiment des autres, après avoir été regardé d'abord comme une condition nécessaire, est ainsi érigé par la suite en condition suffisante de la croyance. Les idées qui se présentent à l'esprit, fortes de l'approbation de tous, sont alors accueillies d'emblée et sans autre preuve ; elles ont la force d'axiomes. Tels sont les oracles de la mode, du bon ton, les préjugés