‹ L'imagination [electronic resource]Chapitre 23 sur 122 · I. Ibid., p. i · texte numérisé non relu

I. Ibid., p. i

tique (sans parler de la science), dans les inventions mécaniques, militaires, industrielles, commerciales, dans les institutions religieuses, sociales, politiques, l'esprit humain a dépensé et fixé autant d'imagination que partout ailleurs \ » Quand l'imagination meurt, ce n'est donc pas Faction qui l'a tuée. La vie au contraire exalte, fouette et développe l'imagination, lui fournit une matière, un point d'application, en est le stimulant et le principe. Qu'on supprime les nécessités de l'action, l'activité Imaginative perdra son énergie, son ressort, si elle ne perd pas jusqu'à son objet.

La vérité est que l'imagination se limite elle-même ; elle est exclusive, spéciale ; c'est la condition de son exercice, la loi de son développement. Une forme d'imagination est toujours opposée à une autre. Ainsi l'art est opposé à la vie, en ce sens qu'il est une conception et une interprétation de la réalité, autre que la conception et l'interprétation utilitaire et commune. Opposé ne veut d'ailleurs pas dire ici autre chose que distinct. Toutes les formes d'imagination (artistique, scientifique, pratique, mystique, etc.) sont hétérogènes, étrangères les unes aux autres, ce qui ne veut pas dire incompatibles et ennemies ; elles sont indépendantes ; elles ne s'impliquent ni ne s'excluent ; elles peuvent vivre ensemble et faire bon ménage, comme elles peuvent exister l'une sans l'autre.

Chacune d'elles est spéciale, bien plus va se spécialisant à mesure qu'elle se développe. Par une sorte

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