‹ L'imagination [electronic resource]Chapitre 37 sur 122 · I. Spinoza. Ethique II, 49» scholie · texte numérisé non relu

I. Spinoza. Ethique II, 49» scholie

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que les images sont « l'œuvre de notre esprit » et que « leurs objets sont privés de toute existence propre et indépendante ^ » opinion fausse, mais qui a dû naturellement s'établir, en vertu de notre tendance naturelle à oublier et à méconnaître tout ce que pratiquement nous n'avons pas intérêt à retenir et à savoir.

Toute impression nous échappe qui est fugitive ou légère. Or, dans la plupart des cas, « l'impression que fait sur nous un objet imaginaire est si rapide, l'erreur où il pourrait nous jeter si promptement corrigée que nous n'avons, pour ainsi dire, pas le temps d'être séduits'")). Ainsi, par exemple, dans les spectacles tragiques, l'illusion inhérente aux images se produit, mais momentanée, intermittente et telle qu'une réflexion un peu subtile peut seule la dégager et la saisir. « Pendant le cours de la pièce, dit DuGALD Stewart, uous avous sans doute, d'une manière générale, la certitude que tout ce que nous voyons est une chose feinte. Mais, si je ne me trompe, on trouvera, en y réfléchissant, que nous cédons par moments à la persuasion contraire, qu'en ces moments nous croyons réels les malheurs dont on nous offre l'image, et que c'est le plus souvent cette croyance qui cause la vive émotion dont nous sommes agités ^. ))

S'il était besoin d'apporter une preuve à l'appui de cette judicieuse remarque, on la trouverait dans

I Stewart. Loc. cit.

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