‹ L'imagination [electronic resource]Chapitre 39 sur 122 · I. De l'Imagination, p · texte numérisé non relu

I. De l'Imagination, p

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mômes impressions que s'ils étaient réels ». (RenouviER.) Aussi, sous couleur de rabaisser sa mémoire, il semble bien que ce soit Féloge de son imagination que Montaigne entend faire, lorsqu'il dit qu'il revit ses impressions oubliées, et que les choses anciennes lui « rient d'une fraîche nouvelleté » .

Mais, il convient de le remarquer, la croyance qu'engendrent les images est d'une nature spéciale ; elle est instinctive, irraisonnée. C'est une impression, un « sentiment » pour parler comme Hume, ce n'est point une conviction. Elle n'est pour cela ni moins active ni moins persistante. Elle tient parfois en échec les plus solides raisonnements. Selon la remarque de Stewart, (( les hommes, dans leurs actions, peuvent être gouvernés par une opinion qu'ils rejettent en spéculation ». C'est ainsi, comme il a été dit déjà, qu'on peut être logiquement convaincu qu'il n'y a pas de revenants, et avoir peur des revenants, a C'est ce qui explique (encore) comment en amour, en religion, en morale, en politique, et partout, la croyance peut survivre aux assauts logiques de la raison raisonnante: sa force est ailleurs \ »

Dès lors, l'opinion, d'après laquelle l'imagination ne s'accompagne pas de croyance, a beau être psychologiquement fausse ; elle n'est peut-être pas un pur préjugé ; elle devient juste et fondée, si par croyance on entend une conviction raisonnée, une certitude logique. Il est fâcheux qu'on n'ait pas un mot spécial pour désigner cet élan de foi instinctive, cette tendance ou impulsion naturelle à affirmer ou

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