I. RiBOT. Ouv. cité, p. gS
l'iMAGOATI0> et l'activité AlOTRICE Il3
toujours réapparaître, étant latents, non éteints. L'image est donc toujours, dans son principe ou dans sa nature, semblable à elle-même, elle se meut entre deux limites : l'action impulsive et l'idée pure, ou plutôt elle oscille de l'une à l'autre. La représentation pure ne doit même pas être conçue comme le terme fatal, l'aboutissant dernier du développement de l'image ; elle n'est qu'une phase de ce développement. Une image peut être tenue en échec par d'autres images, autrement dit être enrayée dans son élan vers l'action ou la croyance, elle peut même "disparaître, étant reconnue fausse ou illusoire ; mais tant qu'elle se maintient devant l'esprit, elle se maintient comme une action et une foi implicites, action et foi qui se retrouvent dans les circonstances favorables. C'est le système entier de nos croyances et de nos actes, c'est-à-dire en somme la masse organisée de nos images qui, pesant sur une image donnée, l'écrase, l'annihile, la réduit à un état d'engourdissement et de mort appai^ente ; mais que ce système, lui-même instable, fasse place à un autre système, à une combinaison psychologique nouvelle, et toutes les images, étant mises en liberté, recouvreront les propriétés actives qu'elles semblaient avoir perdues. Il ne se produit donc pas de transformation radicale et complète dans la nature des images, mais les lois de la mécanique mentale commandent le développement des images et mesurent à chacune sa puissance et ses moyens d'action. Or comme, parmi les images, il y a, si on peut dire, plus d'appelées que d'élues, ce sont naturellement les images les plus nombreuses, les images arrêtées dans leur développement qui ont
paru les plus importantes, les images par excellence ou proprement dites. C'est pourtant là une pure apparence ou illusion que la psychologie dissipe. Il faut remonter à Forigine de la vie mentale pour retrouver toutes les propriétés des images : leur tendance à se réaliser sous forme d'actes, à s'objectiver sous forme de croyances, à s'épanouir sous forme de représentations. Si une de ces propriétés paraît se manifester seule, un examen attentif montre qu'en réalité elle implique à quelque degré les deux autres. Si une de ces propriétés paraît prépondérante, on observe qu'elle ne détruit pas, mais absorbe à son profit les deux autres, les forces vives des images pouvant se transformer en forces latentes, l'équilibre psychique étant ainsi toujours maintenu.