I. L'Activité mentale
l'iMAGÎIS ATION
l'on peut ainsi dire, qui se jettent aux objets au lieu de les attendre.
« Avant que la sensation, qui est la conséquen delà nature des objets, arrive jusqu'à elles, elles les couvrent de loin, et avant de les voir, de ce cliarm imaginaire dont elles trouvent en elles-mêmes une source inépuisable. Puis, en s'approchant, elles voient ces choses, non telles qu'elles sont, mais telles qu'elles les ont faites, et, jouissant d'elles-mêmes sous l'apparence de tel objet, elles croient pouvoir jouir de cet objet. Mais, un beau jour, on se lasse de faire tous les frais, on découvre que l'objet adoré ne renvoie pas la balle ; l'engouement tombe, et l'échec qu'éprouve l'amour-propre rend injuste envers l'objet trop apprécié \ »
Ce mouvement alternatif d'imagination constructive et destructive, comme nous l'avons appelé, est en réalité une alternative de créatio^iS en sens inverse plutôt que de création et de destruction.^ Alors que l'esprit paraît être encore dans la période d'analyse critique, il est déjà entré dans la voie de la synthèse. Il ne détruit rien qu'il ne remplace à mesure. Il n'abandonne un système d'idées que pour en former aussitôt un autre. Mais d'ailleurs ses créations ne se succèdent pas régulièrement : tel système d'idées qui semblait détruit se reforme, puis est détruit à nouveau et se reforme encore. Ainsi on s'engoue d'une personne, on en revient, puis on revient de son désenchantement même, on s'engoue à nouveau. Stendhal distingue encore, à un autre point de vue, deux