‹ L'imagination [electronic resource]Chapitre 50 sur 122 · I. Cherbuliez. L'Art et la Nature, p · texte numérisé non relu

I. Cherbuliez. L'Art et la Nature, p

l'imagination ËT LÈ SENTIMEI^T l33

rien si ce sont deux atomes qui se blessent. )) D'où le philosophe concluait qu'il « ne voulait voir les scènes de la vie qu'en petit, afin que celles qui ont un caractère d'atrocité, se trouvant réduites à un pouce d'espace et à des acteurs d'une demi-ligne de hauteur, ne lui inspirassent plus des sentiments d'horreur ou de douleur violents ^ . ))

Ces tours d'imagination inverses qui consistent à grandir et à rapetisser les choses, ne répondent pas nécessairement à des esprits différents. lisse rencontrent à quelque degré chez tous les esprits et alternent en chacun. On débute par l'hyperbole, on finit par la litote. L'admiration s'épuise et fait place au dédain.

Nous sommes généralement trop enclins à limiter le travail de l'imagination à sa première phase : la phase proprement créatrice et idéalisante. Nous faisons comme les romanciers qui arrêtent la peinture de l'amour au mariage. Nous distinguons des âges de poésie et de prose, de spontanéité et de réflexion, de création et de critique, et nous décrétons arbitrairement que l'imagination n'apparaît que dans le premier. En réalité, elle traverse les deux âges, elle est une évolution suivie d'une dissolution. Elle obéit à sa loi naturelle, en transportant sur des objets toujours renouvelés l'enchantement de ses rêves, en défaisant elle-même la toile qu'elle a tissée, en traitant ses propres œuvres, ainsi qu'elle traite les œuvres de la nature, comme de simples matériaux pour des constructions nouvelles.

Il y a scientifiquement intérêt à introduire la no-

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