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tion du devenir dans la conception de l'imagination. Il y a, pratiquement, un intérêt égal et plus grand encore. Une vertu en dépend, d'une application particulièrement difficile : la tolérance. Intellectuellement, cette vertu consiste à admettre dans les idées, les sentiments de chacun une évolution nécessaire, à laisser à cette évolution le temps normal de s'accomplir, à trouver bon que, dans la marche naturelle, je ne dis pas le progrès, des idées, les autres ne soient pas encore, ou ne soient plus, au point où nous sommes arrivés, à regarder toute opinion comme un fait psychologique, et non pas seulement logique, à la tenir dès lors pour relative et changeante, comme émanant d'esprits qui naturellement se montent, se dépitent et passent par tous les degrés de l'enthousiasme et du désenchantement. La tolérance, en un mot, se fonde non pas tant sur la faillibilité de la raison que sur la plasticité ou la souplesse de l'imagination. On y arrive donc, non par le scepticisme seulement, mais par la psychologie. Ceux-là la comprennent et la pratiquent d'instinct qui n'ont point de raideur d'esprit, qui, au moment où ils subissent l'enchantement de leurs idées, entrevoient la possibilité de s'en détacher un jour, et dans l'opinion présente réservent les droits de l'opinion à venir, ceux-là, en un mot, qui constatent en eux-mêmes et admettent chez les autres toutela mobilité inhérente au tempérament Imaginatif.