‹ L'imagination [electronic resource]Chapitre 74 sur 122 · I. Taine. De l'Intelligence, t. I, liv, II, ch. ii · texte numérisé non relu

I. Taine. De l'Intelligence, t. I, liv, II, ch. ii

2i4 l'imagination *

Nous avons en effet des images qui « vont depuis la représentation concrète comme un décalque des sensations jusqu'à l'image tellement générale qu'elle n'est plus qu'un schème abstrait )).

Etudions ces deux types d'images en A^ue de suivre la marche de la dissociation et d'en dégager les lois.

Les images complètes et concrètes ne se rencontrent guère : elles représentent, pour mieux dire, un idéal jamais atteint. En effet, pour qu'une image fût complète, il faudrait que la sensation dont elle dérive fût simple et telle que l'esprit n'en laissât perdre aucun détail, et pour qu'elle fût, par surcroit, individuelle ou concrète, il faudrait que la sensation dont elle dérive fût rare, exceptionnelle, disons le mol unique, et exclût par là même l'incorporation d'éléments étrangers ayant avec elle quelque chose de commun. Il est clair que de telles conditions ne sont \ jamais réalisées. Tout objet est perçu sous différents aspects, et conjointement avec d'autres plus ou moins semblables ; l'image de cet objet est donc le résultat ou mieux la résultante d'une comparaison i° entre les diverses représentations qu'on a eues de cetobjetou les divers souvenirs qu'on en a gardés, 2° entre la repré- 1 sentation de cet objet et les représentations d'objets semblables. Toute représentation d'un objet déterminé est ainsi générique à quelque degré : elle ne renferme pas tous les éléments de la sensation primitive, et elle renferme des éléments que cette sensation n'avait pas.

M. RiBOT cite comme type d'images relativement complètes celles qui se rapportent aux « objets sans cesse répétés dans l'expérience quotidienne : mon en- ; crier, la figure de ma femme, le son d'une cloche ou

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