L^MAGINATION ET LA VOLONTÉ
d'une horloge voisine ^ », et M. Philippe a pris comme sujet d'expérience révocation du visage maternel qui semble a priori devoir être aussi précise, aussi nette, aussicomplète que possible. Or, l'analyse et l'expérience montrent que ces images sont imprécises à leur manière et en partie arrangées. Ainsi l'image du visage maternel se trouve être plus difficile à évoquer que le cadre où elle se meut : «- on se rappelle plus que le Adsage I lui-même, les circonstances de temps et surtout de I lieu où nous avions coutume de le voir. Tantôt c'est ; une simple silhouette, occupée à tire, à coudre, etc. à sa place habituelle, près d'une fenêtre, sous la lumière d'une lampe ; tantôt c'est une apparence loinlaine, imaginée telle qu'elle devait être ix certaines époques caractéristiques de l'existence, avant une maladie, pendant et après, lors d'un départ ou d'une I arrivée, etc. ^ »
A quelle condition et dans quelle mesure une image est-elle donc en même temps que complète^ individuelle et concrète ? A la condition d'être issue d'un souvenir déterminé et unique, car si elle est (( souvent répétée sous des aspects différents, elle a , subi de ce fait une sorte d'usure )) ; les détails s'en sont effacés, et d'autant plus qu'ils étaient plus délicats, plus nuancés. Aussi, quand nous voulons individualiser un objet, écartons-nous d'instinct nos divers souvenirs de cet objet, comme ne concordant jamais rigoureusement entre eux, et nous arrêtons-