‹ L'imagination [electronic resource]Chapitre 92 sur 122 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

tion imaginative. Soit les « idées » que Descartes appelle « factices )). L'imagination ne les « forge pas toutes seules », mais « aidée par l'entendement ». Ces « compositions supposent quelque réflexion sur les choses difî'érentes dont elles se forment, et quelque comparaison des unes avec les autres, ce qui appartient à l'entendement ^

En résumé, il faut distinguer dans ia science, comme dans l'art, comme dans toutes les œuvres humaines, deux éléments : les matériaux, les produits bruts ou les données de l'expérience, et la construction que l'esprit élève sur ces données, forme à l'aide de ces matériaux. Cette construction peut être si élaborée, si puissante et si vaste que nous ne remarquions plus qu'elle, que nous perdions de vue ou que nous ne puissions plus reconnaître les matériaux primitifs. Il semble que nous soyons alors transportés hors des voies de l'imagination et des sens, dans la région dite de l'entendement ou des idées pures. En réalité, l'imagination est, dans ce cas, dépaysée dans son propre domaine ; elle ne se retrouve plus dans son œuvre. Elle en conçoit une sorte de métaphysique efi'roi qui rappelle celui des enfants en face du « visage qu'ils ont barbouillé » . Mais il ne lui manque que de pouvoir revenir sur ses propres constructions pour retrouver les éléments sensibles dont elle est partie. Quand on dit que la science est l'œuvre de l'entendement et des sens, il faut entendre qu'elle est l'œuvre de V imagination créatrice, transformant et combinant, avec l'appui et sous la direction du rai-

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