L'HALLUCÏNATÏON ET LA FOLIE
aliéîiistes les phis récents n'y contredisent pas, que nous sachions. L'hallucination a donc indubitablement dans la folie un rôle considérable.
Eh peut-il être autrement? Aussitôt que le sujet croit à ses apparitions et s'y abandonne sans résistance, son jugement n'est-il pas faussé? La logique même avec laquelle il cherche les c^iuses et les conséquences d'une chose (|ui n'est pas ne doit-elle pas remplir ^eu à peu son esprit dé chimères et d'absurdités ? Mais alors sa sensibilité peut-elle demeurer saine et modérée? Et (^ùand mêmie ses pensées lie traduiraient aucun désordre apparent, ni ses affections aucun trouble extraordiùaire, s'il obéit aux impulsions cachées d'une faussé ihiagë que dans le secret de son âme il ctoit émaner d'uU objet vtaimerit existant, l'hallucination ne produit-elle pas ces maladies de la volonté qtie quelques médecins croient indépendantes de toute lésion *de la sensibilité ou de l'entendement ?
Dans ces cas très nombreux de folie où l'hallucinaiiotï si une aussi grande iMportance, c'est bien des trois conditions énumérées p^Ius haut que dépend le mal ; tuais la tnarche du mal n'est pas toujours la même, car c'esttantôtle corps qui commence, et tantôt l'esprit.
Chez les uns, il y fl tout d'abord cdmme une rupttu*e d'équilibre dans les fonctions de l'économie, une décentralisation nerveuse, résultant dé ce que la passioâ d^uh orgflne a été exagérée, tel ou tel d'èdtre eux criant trop fort dans le concert organique. C'est aiusi que Ébu^etlt les maladies des viscères aboutissent au cerveau, l'obsèdent sans cesse de la même préoccupation, le fatiguait et le troubleui. L'exagétiaiV\(^\i'^^viw&
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nu consentie d'une Tonction produit le même résultat. Il y a mémo îles modes du folie, comme l'érotomanip (folie amoureuse) et la dipsomanie (manie de la boisson), qui trahissent biL>n clair'emeut une semblable origine. Mais de telles influences ne développent pas la tendance à l'hallucination sans que l'esprit s'en mêle : il achève les images ébauchées, il en arrête plus fortement les contours, il en augmente le relief, il organise les associations qui les ramènent. Ainsi, tel malade souffre des intestins : peu à peu il arrive a croire qu'il a dans le ventre un animal qui lui dévore les entrailles. Celui-ci a des bourdonnements, il les transforme en voix accusatrices, et ainsi de suite. Voici d'ailleurs à ce sujet des faits authentiques :
Une femme dont parle Leuret croyait avoir dans le ventre un concile d'ovêques. C'était une loueuse de chaises de l'une des églises de Paris; culte circonstance explique sans doute la forme toute particulière de son délire, mais il y avait une cause plus profonde, qui fut découverte. A l'autopsie, Esquirol trouva des désordres caractérisés dans les organes digestifs. Les viscères abdominaux adhéraient entre eux et avec les parois abdominales par la membrane péritoncale qui était très épaisse. Il fut impossible de séparer les intestins les uns des autres, tant leur adhérence était forte, ils formaient une masse solide inextricable. Le foie était très volumineux, s'étendaiit jusqu'à l'hypocondre gauche où il adhérait avec la rate'.
Un aliéné qui avait tout à la fois une phtisie pulnio-