‹ L'Imagination Etude PsychologiqueChapitre 36 sur 81 · L'IDEE FIXE ET LA FOLIE · texte numérisé non relu

L'IDEE FIXE ET LA FOLIE

ractères communs, mais sans se confondre cependant. L'idée fixe, le mot l'indique siirfîsamment, s'impose à l'esprit, et par cela seul qu'elle persiste, elle circonscrit l'intelligence dans une sphère de plus en plus étroite et restreinte, finalement elle l'immobilise. Cette portion d'intelligence rgiisonnée qu'implique, nous l'avons yu', la Formation de toute idée, tend à se réduire à son mluimuni: la partie de pure représentation, avec ses caractères sensibles, particuliers, l'image, en un mot, tu au contraire en augmentant. L'homme en proie à une idée lise croit toujours \oir ou entendre l'objet de son idée. Cette représentation n'arrive pas jusqu'à l'extériorité apparente de l'image hallucinatoire : voilà la dilTérence. Mais, d'ailleurs, l'idée fixe conduit à la l'olie, et elle y conduit par la niénie voie, n La disposition aux idées fixes, dit le D' Baillarger, consiste surtout dans la prédominance de l'imagination ou dans une sensibilité très vivuunie la faiblesse du jugement et à l'impuissance de la volonté'. B

Quelques analyses, dont nous emprunterons les éléments principaux à d'émincntsaliénistes, feront comprendre et même toucher du doigt les origines et le mode d'invasion de l'idée fixe, soit dans la folie en général, soit dans une espèce plus particulière d'aliénation mentale qu'on nomme folie impulsive. Ce mode d'invasion n'obéit pas, on va le voir, à des lois essentiellement différentes de celles que nous avons constatées jusqu'à présent.

1R4Q, p. 159, IflO.

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D'après M. le D' Moreau de Tours, dans tous les cas de folie, quellesquesoientlescirconsUnces, quelles que soient les causes physiques ou morales qui paraissent avoir donné naissance à la maladie, partout enfin où se trouve une anomalie intellectuelle, le fait priinoMial et générateur est le même. M. Moreau de Tours appelle souvent ce fait primordial du nom d'excitation ou de surexcitation, expression obscure et qui pourrait faire croire à undéveloppementexagéré, mais intense, à un redoublement d'activité dans les facultés intellectuelles. Le mot nous parait donc assez mal choisi. Mais les descriptions et les explications qui l'accompagnent en rectifient le sens. Cet état d'excitation, dit le savant alléniste, est un état d'agitation rapide et confuse des idées, une espèce de mouvement oscillatoire de l'action nerveuse. L'individu est comme arraché à lui-même. Si plus lard il peutrendre compte de cette période initiale, il ne manquejamais de dire : Mes idées s'embrouil]nieut,je perdaisia tête. C'est une « dissolution des facultés, une décomposition des idées, une désagrégation moléculaire de l'intelligence.' » Ou encore : h C'est au sein de ce trouble initial que la tête s'égare (dans toute la rigueur du mot), que les idées s'embrouillent, pour parler comme les malades, que l'individu se sentivre, qu'Use prend à douter s'il dort ou s'il veille, s'il est bien dans son bon sens, s'il n'est pas fou. Enfin, c'est alors que la folie éclate, que l'individu est livré à l'incohérence ou à l'agitation du délire maniaque, qu'il tombe irrésis-

enlale, p. BS,

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