‹ L'Imagination Etude PsychologiqueChapitre 51 sur 81 · Vu]» Haiiiiie Du (lamp, Piii-îa · texte numérisé non relu

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ACTION uns lllAGES Slll LKà SENS. WJ

Mais nous avons osii déclarer que cet exemple prétendu intimidateur était plus qu'inutile. Kous avons dit que souvent (nous ne voulons ni no pouvons discuter le nombre probable des cas) la vue du crime, à quelque piiase qu'il fût arrivé, poussait au crime les natures faibles ou mauvaises. L'imagination ne peut être occupée longtemps ou violemment d'un acte quelconque, sans développer dans l'être une tendance croissante à l'exécution de cet acte, A l'appui de ces diverses lois, nous eussions pu citer le fait du vertige. Concluons, pour abréger, en rappelant qu'il y a un vertige moral tout comme un vertige physique, et qu'ils ont l'un avec l'autre la plus remarquable analogie. Vous représentez-vous, placés dans une situation périlleuse, la possibilité d'une chute? Vous avez beau la redouter : plus l'effroi est grand, plus l'image est forte : vous sentez positivementdans votre corps se commencer le mouvement fatal au terme duquel est le saut dans le précipice. Beaucoup même ont été jusqu'à la chute et y ont trouvé la mort. Voilà le vertige physique. Mais, qu'on le sache bien, la tentation n'est pas autre chose. Que faut-il, en un grand nombre de cas, pour être amené à faire le mal? Tout simplement avoir l'impiiidence d'y penser trop souvent ou trop longtemps. Pour celui-là surtout qui n'est pas retenu par les raille liens de la vie active, craindre et détester le mal ne suffit pas entièrement. I il faut connaître le péril, sans doute, mais pour pouvoir le fuir et l'éviter : car il n'en est point qui ne puisse mettre en jeu quelque passion comprimée, quelque tendance cachée. Bien téméraire celui qui

prend l'habitude d'affronter le danger : c Qui l'aime y périra. »

Tel est donc l'ensemble des phénomènes dont l'image est en quelque sorte le centre, et où Ton voit la sensation, l'image et le mouvement réagissant l'un sur l'autre. Comment ces trois ordres de faits peuventils se modifier ainsi mutuellement? C'est qu'ils ont tous les trois la même origine ; c'est qu'ils constituent trois formes différentes d'un même fait : 1° Toute sensation implique un mouvement spontané : la sensation est agréable ou pénible, distincte ou confuse.... suivant que le mouvement auquel elle est liée est fort ou faible, court ou étendu, facile ou difficile, et que luimême facilite ou contrarie les mouvements des organes à l'action desquels est associée son action, etc. ; 2** Toute sensation tend à se reproduire plus ou moins affaiblie; c'est cette reproduction qui est l'image, et les images vont en se multipliant au fur et à mesure que s'étend avec la vie le nombre des sensations intéressant l'une ou l'autre de nos facultés physiques ou morales ; 5** Toute sensation dont le retentissement dans la conscience se prolonge au delà de l'imperceptible moment, évoque et groupe autour d'elle un ensemble d'images formant [avec elle accord ou contraste. C'est la nature de ces images associées qui détermine l'intensité, l'acuité, le mode spécial de toute sensation individuelle.

Ainsi donc, c'est la sensation qui, d'abord, avec le mouvement des organes internes ou externes dont elle est inséparable, alimente l'image. Il suffit, en effet, i^e l'activité de nos organes fasse effort et

SESSATlOri, IMAGE ET MOUVEMENT. i71

qu'elle travaille à développer son évolution propre, pour qu'elle souffre des obstacles qu'elle rencontre et jouisse de son retour à des conditions plus favornbles. Mais poser uns sensibilité qui ne devrait rien à la représentation plus ou moins confuse de l'état dont elle est dérangée ou délivrée et de celui auquel elle aspire, ce serait presque poser une abstraction. S'il y a un instant dans la vie où la sensibilité ne dépend ainsi d'aucune espèce de comparaison ni de souvenir, cet instant est court et cette sensibilité bien obscure. Dans tous les cas, à mesure que l'existence s'allonge et que les occasions de sentir et d'agir se renouvellent, toutes les anciennes images, survivantes endormies des sensations antérieures, tendent à se réveiller : beaucoup se réveillent, en effet, avec une vivacité qui varie suivant les organisations, suivant les temps et les lieux. Les images s'ajoutent à la sensation présente, elles la redoublent, elles la continuent; soit qu'elles l'irritent, soit qu'elles la calment et la modèrent, elles la diversifient, elles lui donnent une pjiysionomîe particulière et personnelle : car dans la suite de notre vie, rien n'est perdu sans retour; l'état de notre sensibilité dépend à chaque instant du nombre et de la nature des émotions analogues que nous avons pu connaître jadis, et dont les images, rappelées par des associations souvent mystérieuses, viennent m odi lier à notre insu nos sensations les plus intimes.

Un homme de beaucoup d'esprit, que nous avons déjà cité, Bonstctten, l'observait : « Dis hommes peuvent avoir dix nuances de faim et de soif très différentes... Longtemps après la famine reaHea.ti& au

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