Bonslftten, De Cimagination, t. Il, p
2. g 11 est probnble, dit Dugald-Slewart. que la fraïdeui' el l'cspi^te d'égoiime qu'an abBcrre dnas beaucoup d'homrnea ttenncnt en grande partie d'un dêraut d'attenlioa et d'iinn^nation. 11 faut Mm doué da l'une et de l'autre à un certain degré pour comprendre plelnt^ment la
dans le monde, a {Élément» de la PhiloêOphie de l'etprù humain, II, Tiii, 4.) — « U eruttuté, dit Leckye, vient en partie bien souvent de l'épaisteur de rimaginBtion. t Vojez F. Bouillier, Duplauir et de . la douieai; 3' édition, l-Ii. i.
SENSiTIOK. tMAGK ET MOUVEMENT. 173
lésion récente. Alors tout participe à la douleur, et la souffrance commune s'augmente à vue d'œil. C'est là exactement ce qui se passe dans notre sensibilité morale. Quand on nous annonce subitement une non- Telle qui doit nous causer une grande douleur, il est rare que cette douleur éclate tout d'un coup et manifeste instantanément toute sa violeacc. Elle ne rend d'abord que ce qu'un musicien appellerait le son fondamental, dépourvu des harmoniques qui doivent lui donner sa plénitude et déterminer la nature particulière de son timbre... Mais bientôt, la série des images qui sont au sentiment élémentaire ce que les harmoniques sont il la note, envahissent l'esprit. Alors a'accrott avec rapidité l'intensité de la souffrance : car à chaque image nouvelle l'individu offre une nouvelle prise aux souvenirs irréparables, aux espérances déçues, aux sombres prévisions, en un mot, à toutes les causes de douleur qui tourmentent l'humanité. Un enfant chez qui la vie intellectuelle est encore toute dispersée et chez qui les images n'ont pas pris l'habitude de se réunir et de se grouper promptement selon leurs mutuelles affinités, met une certaine lenteur ù sentir ce qui n'intéresse pas directement les pstites préoccupations et les plaisirs de son âge. Annoncez à un jeune adolescent que tel membre de sa famille vient de mourir. Il commencera par vous regarder vaguement comme s'il ne comprenait pas : quelques instants après, vous le verrez tout d'un coup fondre en larmes. La jouissance obéit a la même loi. Lorsqu'un événemenl heureux nous arrive, c'est peu à peu que nous mesurons l'étendue de notre bonheur et qjie noua
en savourons la douceur tout à loisir.... Mais le développement de cette vérité nous entraînerait trop loin : ce serait Thistoire et Texplication de \\ sensibilité humaine tout entière ^ Contentons-nous ici de bien marquer le point suivant : il n'y a rien d'étonnant à ce que la sensibilité agisse sur l'image et l'image sur la sensibilité : car sentir et ima^iher sont deux phénomènes dont le second n'est que la reproduction plus ou moins affaiblie du premîff*. L'image n'est qu'une sensation d'autrefois qui tend à renaître et qui renaît en partie à l'occasion ^e sensations analogues. Si le sens est inégalement ébranlé par les unes et par les autres, il est cependant ému et«modifié par les unes comme par leg autres.
Mais toutes les fois qu'un sens est ému, son organe fonctionne ; c'est dire qu'il agitj qu'il se meut. Tantôt ce mouvement est extérieur et apparent, tantôt il s'accomplit dans les profondeurs de l'économie ; tantôt il ébranle de proche en proche un certain nombre d'organes associés, et tantôt il expire promptement dans la sphère limitée d'un même organe. Mais, dans tous les cas, point de modification sensible forte ou faible sans un mouvement fort ou faible. S^sibilité, imagination, mouvement, voilà trois phénomènes qui se retrouvent toujours unis. Seulement, c'est tantôt l'un, tantôt l'autre qui domine, et par conséquent c'est tantôt l'un, tantôt l'autre qui provoque, excite, dirige, modifie ses deux inséparables compagnons.
De ces analyses ressort bien clairement, croyons-