‹ L'Imagination Etude PsychologiqueChapitre 67 sur 81 · LES LIGNES ET LE DESSIN · texte numérisé non relu

LES LIGNES ET LE DESSIN

et la jeunesse des plantes, comme l'enfance et la jeunesse des animaux, quand elles ne sont point trop contrariées, offrent des contours arrondis, des formes tour nantes et onduleuses. L'œil parcourt aisément ces formes, la main peut errer sur elles sans rencontrer aucun obstacle. Se reporte-t-on, comme le fait inévitablement l'intelligence, à la vie dont oii croit ou dont on suppose ces corps animés, cette vie est faible encore; non seulement elle ne dispose d'aucun surcroît d'énergie pour dominer, pour se répandre au dehors et se reproduire, mais elle semble appeler la protection. Et cependant elle se développe déjà dans un ordre dont les traits principaux se dessinent clairement à nos yeux. C'est donc une espérance « douce et frêle » qu'elle nous donne. Et y a-t-il rien dont l'imagination s'accommode mieux que de l'espérance? De pareilles formes convient donc l'œil et le toucher et l'esprit à un exercice facile ; elles expriment naturellement la grâce. D'ailleurs, ne les retrouve-t-on pas dans l'adolescent et surtout dans la femme jeune, tandis que dans l'homme fait tout paraît se tendre et se raidir non seulement pour l'action, mais pour la lutte?

On le voit, la plupart de ces expressions s'éclaircissent pour nous et se précisent au fur et à mesure que nous comparons entre elles, dans la nature, les existences et les formes variées qu'elles offrent à nos yeux. Mais cette expérience et ces comparaisons, que supposent-elles? Une conscience claire de nous-mêmes et des lois essentielles de notre activité, puis une inclination constante à imaginer dans tous les autres êtres de l'univers une vie au moins analogue à la nôtre. En

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un mot, notre kme veut se retrouver et s'exprimer dans ' les choses. C'est à cette condition seulement qu'elle se plaît a les imaginer, quand elle est en pleine passession de ses facultés et qu'elle les dirige librement.

Si les lignes, prises même isolément, nppellent, suivant leur nature, des associations d'images qui leur donnent uneexpression particulière, elles reçoivent une expression nouvelle de la façon dont on les groupe. (Qu'elles soient parallèles, l'esprit de celui qui les voit éprouve la sensation vague de l'accord, fruit d'une certaine discipline ou d'une entente commune. Qu'elles soient divergentes, l'esprit y voit une image de la confusion et du désaccord : il pense inévitablement à un combat qui se livre ou qui s'apprête.

Dans l'architecture, l'imagination dispose d'abord de ces lignes qu'elle ordonne. Mais elle agit aussi sur la masse résistante que l'œil, instruit par le toucher,

t b asser, même de loin. Chacune des dimende ette étendue solide, hauteur, largeur, prof nd u xige des sens eux-mêmes une opération qui n [ lexité : et cette complexité suffitpour entraîn t ut n groupement d'imjges dans iLsquelles l'inl 11 g n e retrouve assez piomptement de là la va- 1 u n taphorique de ces mots Lt le symbolisme un I des choses qu'ils désignent. La pi edominance

des pleins ou des vides, la grandeur ou la petitesse des dimensions, l'exacte proportion de ces dimensions ou la prédominance de l'une d'elles', l'étendue et la simplicité des surfaces comme la rectiludc et hi uoiitinuilé

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