‹ L'ImaginationChapitre 38 sur 110 · I. Crime et CluUiinent · texte numérisé non relu

I. Crime et CluUiinent

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impossible ; il le sentait seulement, et il était presque écrasé par cette douloureuse conscience de sa faiblesse devant la nécessité ».

Cette nécessité, toute psychologique et physique, est la même qui pousse des gens, qu'on ne peut dire malintentionnés, à commettre une trahison, à hvrer un secret, et des personnes exemptes de méchanceté et de fiel à se répandre en propos de médisance odieux. Le médisant, en efTcl, au sens propre, est «celui qui, sans aucune autre raison particulière, se plaît à dire du mal des uns et des autres, même des indilTérents et des inconnus, et qui, par une excessive liberté de langue, n'épargne pas même ses meilleurs amis S) ; en un mot, c'est avant tout un bavard déchaîné et inconséquent. Le bavardage luimême, ou la rage de parler, soit en bien, soit en mal, est le mouvement de la pensée suivant son impulsion première, est le cours naturel et non endigué des images.

^ L'imagination est donc par nature une force d'impulsion ou d'expansion. L'homme pense, il sent, et l'acte ou, à défaut de l'acte, le geste ou la parole suit. La force des images étant supposée constante, si elle ne se dépense pas en actes, elle s'emploiera par exemple en paroles. 11 y a donc équivalenc^o, non déperdition de force. Pour que Téquilibic se maintienne, il faut supposer que la force des images se dépense toute par exemple en paroles, ou que, si les paroles ne l'épuisent point, elle se dissipe d'une autre manière ou s'accumule et se (x^ncenlre. En fait, on

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