‹ L'ImaginationChapitre 41 sur 110 · Id · texte numérisé non relu

Id

3. Pascal. Pensées, art. III, 3, p. Sa, tome I do ledit. Havcl.

rencontrés dans une commune erreur, c'est d'ailleurs ce qui peut paraître étran<>e, mais ce qui pointant s'explique et même se trouve en partie justifié. Si toute image, en effet, entraîne un jugement, mainte image entraîne un jugement non viable, partant non avenu. L'esprit ne donne pas suite à toutes les croyances qui se forment spontanément en lui ; il en est qu'il rejette à peine nées, dont il perd ensuite le souvenir, bien mieux, qu'il ne remarque pas au passage. De là vient que certaines images sont censées être des idées pures, des appréhensions simples. En réalité, a toute idée, entant qu'idée », enveloppe, comme dit Spinoza, (d'affirmation ou la négation )) , est autre chose qu' « une figure muette tracée sur un tableau^ ». Se représenter un cheval, fut-ce un cheval ailé, c'est au moment oîi on se le représente, et par cela seul qu'on se le représente, le poser comme réel, ou croire qu'il existe. Mais une telle croyance est aussitôt enrayée, reconnue illusoire ; l'image qui la suscite est chassée par une autre image ou par une sensation, laquelle suscite une nouvelle croyance, exclusive de la première. Il est naturel et logique de ne pas tenir compte des croyances qui avortent ainsi; en fait, ces croyances n'en ont pas moins momentanément existé.

La rectification de l'illusion imaginative, supérieurement décrite et analysée par Taine, est si aisée, si naturelle et si prompte qu'elle passe inaj^erçue. Son résultat seul demeure acquis, est enregistré par la conscience, et ce résultat, on l'interprète en disant

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