I. RiBOT. L'ItiKiy. crédtr . p. Q
l'imaginatiois et l'activité motrice I I 1
à nier qui est inhérente à Fimagination en tant que telle.
La tendance à croire à l'existence de Tobjet conçu a été justement rapprochée par D. Stewart de la tendance à réaliser Tacte imaginé : elle est au fond de même nature, c'est un phénomène de suggestion. (( Les émotions produites par la tragédie ont quelque analogie, dit-il, avec l'espèce de frayeur qu'on éprouve en regardant à terre du haut d'une tour élevée. Dans l'un et l'autre cas, nous avons la conviction générale que l'émotion que nous éprouvons est vaine et n'a point de fondement réel ; mais l'influence de Timagination est telle qu'elle excite ces émotions avant que la réflexion ait eu le temps de venir à notre secours * . ))
L'imagination, ainsi entendue comme suggestion mentale et suggestion motrice, comme principe de croyance et d'action, peut être rapprochée encore de la volonté dont elle est la forme initiale ou F ébauche. La volonté n'a point pour prototype l'action réflexe, mécanisme aveugle ; elle implique dès l'origine deux éléments essentiels : une fin posée ou du moins conçue par l'esprit, et un acte qui réalise cette fin. Or ces éléments se rencontrent dans l'image.
L'imagination représente les données premières ou la base de la volonté. Celle-ci, en efî'et, est réfléchie et libre, tandis que Fimagination n'implique ni examen ni choix, entraîne fatalement et aveuglément la croyance et les actes. L'imagination est à la liberté et à la raison ce que les forces naturelles sont à l'art