Stkwakt. Loc cit. 3. Loc. cit
r/lMAGINATIOX ET l'aCTIYITi': MOTRICE lOQ
cette loi de style que toutes les fois qu'un récit s'anime, fait image ou tableau, les lois de la grammaire, sur un point, sont changées : les verbes ne s'emploient plus qu'au présent. Ainsi le veut la logique des images. Exemple : le Songe de Perrette, le Conte de Dorante à son père dans le Menteur, et tous les récits du même genre. La règle est sans exception.
TissoT remarque que dans le rêve où l'imagination n'est point tenue en bride par les sens, toute représentation est de même actualisée, y compris celle qui se rapporte au passé. « Le souvenir d'une perception, d'une sensation apparaît rarement comme tel ; c'est presque toujours une sensation ou une perception actuelle, l'imagination n'est jamais contredite par le témoignage des sens, qui n'attestent plus rien. Telle est la raison pour laquelle on met les souvenirs au présent, pourquoi F on se croit encore au moment où les souvenirs étaient des perceptions '. »
Au premier moment, sous sa forme naturelle et spontanée, Timagination est donc toujours une vision; elle est les choses rendues présentes. C'est ainsi encore qu'on se représente une imagination vive et brillante, au point de vue actif, comme le don de faire, non pas ' seulement revivre, mais vivre les choses :
Je dirai : j'étais là, telle chose m'advint Vous croirez y être vous-même.
au point de vue passif comme « une disposition marquée à recevoir des objets simplement imaginés les
mômes inipressions (|uc s'ils étaient réels ;>. (RenouviER.) Aussi, sous couleur de rabaisser sa mémoire, il semble bien que ce soit Téloge de son imagination que Montaigne entend faire, lorsqu'il dit qu'il revit ses impressions oubliées, et que les clioses anciennes lui (( rient d'une fraîche nouvelleté » .
Mais, il convient de le remarquer, la croyance qu'engendrent les images est d'une nature spéciale ; elle est instinctive, irraisonnée. C'est une impression, un « sentiment » pour parler comme Hume, ce n'est point une conviction. Elle n'est pour cela ni moins active ni moins persistante. Elle tient parfois en échec les plus solides raisonnements. Selon la remarque de Stewart, « les hommes, dans leurs actions, peuvent être gouvernés par une opinion qu'ils rejettent en spéculation ». C'est ainsi, comme il a été dit déjà, qu'on peut être logiquement convaincu qu'il n'y a pas de revenants, et avoir peur des revenants. « C'est ce qui explique (encore) comment en amour, en religion, en morale, en politique, et partout, la croyance peut survivre aux assauts logiques de la raison raisonnante: sa force est ailleurs *. »
Dès lors, l'opinion, d'après laquelle l'imagination ne s'accompagne pas de croyance, a beau être psychologiquement fausse ; elle n'est peut-être pas un pur préjugé ; elle devient juste et fondée, si par croyance on entend* une conviction raisonnée, une certitude logique. Il est fâcheux qu'on n'ait pas un mot spécial pour désigner cet élan de foi instinctiNe. cette tendance ou impulsion naturelle à atrirnier ou