‹ L'ImaginationChapitre 54 sur 110 · Jbid · texte numérisé non relu

Jbid

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lion du devenir dans la conception de l'imagination. 11 y a, pratiquement, un intérêt égal et plus grand encore. Une vertu en dépend, d'mie application particulièrement dilUcile : la lolérauce. Inlellecluelle ment, cette vertu consiste à admettre dans les idées, les sentiments de chacun une évolution nécessaire, à laissera cette évolution le temps normal de s'accomplir, à trouver bon que, dans la marche naturelle, je ne dis pas le progrès, des idées, les autres ne soient pas encore, ou ne soient plus, au point oîi nous sommes arrivés, à regarder toute opinion comme un l'ait psychologique, et non pas seulement logique, à la tenir dès lors pour relative et changeante, comme émanant d'esprits qui naturellement se montent, se dépitent et passent par tous les degrés de l'enthousiasme et du désenchantement. La tolérance, en un mot, se fonde non pas tant sur la faillibilité de la raison que sur la plasticité ou la souplesse de l'imagination. On y arrive donc, non par le scepticisme seulement, mais par la psychologie. Ceux-là la comprennent et la pratiquent d'instinct qui n'ont point de raideur d'esprit, qui, au moment où ils subissent l'enchantement do leurs idées, entrevoient la possibilité de s'en détacher un jour, et dans l'opinion présente réservent les droits de l'opinion à venir, ceux-là, en un mot, qui constatent en eux-mêmes et admettent chez les autres toute la mobilité inhérente au tempérament imaginatif.

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