I. Automatisme psychologique, p
LES f'ORMES INFERIEURES DE iAmAGINATION I79
fonde. La prétendue liyperesthésie des hystériques n'est qu'une orientation de la sensibilité dans une direction unique, ou qu'une sensibilité spéciale qui subsiste dans une anesthésie systématisée. « La perte d\m sens, dit encore M. Janet, n'amène pas un accroissement de l'acuité des autres sens ; la concentration de la conscience sur un objet ne rend pas les sensations relatives à cet objet plus nombreuses comme dans l'attention. Une hystérique pense peu de choses, et le peu qu'elle pense, elle ne le connaît pas mieux pour cela^ » Les images, comme les sensations de l'h} stérique sont des lueurs qui brillent dans la nuit de la conscience ; elles ne sont vives que par comparaison.
On a mis en doute, d'après les mêmes principes, la vivacité, l'éclat et la rapidité exceptionnels communément attribués aux images du rêve. L'éclat de ces images est un elTet de contraste, produit par l'obtusité et l'obscurité des sensations du dormeur ; quant à leur rapidité extrême, tout porte à croire qu'elle est une illusion, car, en l'absence de sensations jouant ici le rôle de points fixés, nous sommes dans l'impossibilité de mesurer la durée. D'ailleurs le temps, dans le rêve, nous paraît aussi parfois démesurément allongé ; c'est donc qu'il ne nous est jamais alors exactement connu. Enfin l'absence de ce que Taine appelle des « réducteurs spéciaux » sufiirait à expliquer la force hallucinatoire des rêves.
D'une façon générale, le mot force est équivoque. Il peut être pris négativement ou positivement. Il désigne soit l'absence d'obstacles, de contrepoids, soit