Nouveaux Essais, II, xxi
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voir un sens encore Irop restreiiil. fl désigne en effet exclusivement les représentations des choses sensibles. Or, il est une réalité qui ne tombe pas sous les sens, et qui ne laisse pas de se représenter à l'esprit sous une forme aussi concrète et aussi vivante que la réalité matérielle et sensible ; c'est la réalité psychologique, le monde du sentiment et de la passion. Les grands peintres de Tàme humaine, n'eussent-ils pas par ailleurs le don des images, au sens étroit du mot, fussent-ils incapables de rendre les émotions dans la langue pittoresque des couleurs et des formes ou dans la langue harmonieuse des sons, fussent-ils, en un mot, de secs analystes, mériteraient encore le nom d'imaginatifs.
Enfin ce nom, il n'y a pas lieu de le refuser à d'autres analystes, aux mathématiciens, aux géomètres, aux philosophes. L'imagination s'exerce dans le domaine des idées pures ou des abstractions aussi bien que dans celui des réalités concrètes, d'ordre spirituel ou matériel, psychologique ou physique. Tout d'abord •la classique distinction de l'entendement et de l'imagination, de la conception et de l'image paraît appelée à disparaître. Quand bien même elle serait fondée, quand les idées abstraites et générales ne seraient pas le produit de l'imagination, ces idées sont au moins une matière sur laquelle l'imagination s'exerce et, à ce titre, elles ne se distinguent pas des représentations sensibles, lesquelles doivent être considérées avant tout comme les éléments qui entrent dans les constructions ou combinaisons de l'esprit.
Ainsi donc, l'imagination n'est pas suffisamment caractérisée pai- la nalur(\ l'origine ou la spécificité