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I. T{ii$OT. L'JiWKjinaiion crcnlricc, p. 2Si

l'imagttsation créatrice 2 35

Ils oiTrent cependant une certaine suite : ils se développent selon la loi de convenance, comme dirait Leibniz.

Quelque but que Thomme se propose (qu'il s'agisse de moudre le blé, de labourer la terre, de s'éclairer, etc.) les procédés, instruments et maté-

friaux qu'il emploie vont ainsi se transformant, tantôt se simplifiant, tantôt se compliquant, mais s'adaptant toujours mieux soit à la lin première, soit à telle ou telle fin secondaire, obviant à tel inconvénient de détail, signalé par fusage, etc.

Si, par exemple, on considère un instrument né d'bier, et dont le détail des modifications successives est encore présent à la mémoire : le vélocipède, on .voit qu'il s'est renouvelé complètement, dans son > ensemble, et pièces par pièces. Pour ne parler que ' de la bicyclette, le système qui relie les diflérentes pièces a subi des modifications profondes : la draisienne se composait de deux roues réunies par deux traverses de bois, supportant la selle ; on prenait de l'élan avec les pieds qui toucliaient le sol ; la bicyclette est actionnée par des pédales ; la roue d'avant est mobile avec un guidon ; la roue d'arrière est reliée par une cbaîne à une roue dentée, et un coup de pédale fait faire à cette roue plusieurs tours (multiplication). En même temps cliaque pièce (roues, freins, etc.) est peu à peu radicalement transformée : les roues sont entourées de caoutclioucs d'abord pleins, puis creux, et enfin de pneumatiques qui boivent l'obstacle. Le nombre des freins inventés est considérable : freins à patin sur le bandage, — à collier ou à tambour, — freins sur jante, etc. On suit en quelque sorte ici, au jour le

jour, ces variations rapides d'un même instrument qui font l'eflet i)lus tard, le détail oublié, de métamorphoses complètes.

De quelque façon qu'elle procède, qu'elle consiste à trouver de nouvelles fins ou destinations à un instrument donné, ou à combiner de nouveaux moyens pour atteindre une fin donnée, l'invention mécanique est toujours un perpétuel changement d'orientation mentale. « Elle se fait, dit liiiior, par stratifications et additions successives... Elle est une belle vérification de la loi de complexité croissante »'. On passe d'une idée à une autre, d'un perfectionnement ou, seulement, d'un changement à un autre, sans que le passage puisse jamais être assimilé, même après coup, aune opération logique, à une déduction. Il y a entre-croisement de recherches, de découvertes, d'où résulte un progrès constant, mais non continu ; il n'y a pas, si on peut dire, genèse, mais épigénèse.

Ces remarques trouvent leur confirmation dans la théorie de M. Paulhan sur l'invention en général, ou, si l'on préfère, rentrent dans cette théorie. M. Paulhan distine^ue une invention régulière et irrégialière.

La première, a laquelle il donne le nom à^ évolution ne laisse pas cependant d'être essentiellement dlsTîncte « de la vie en général, entant que fixée et organisée, comme aussi de l'instinct, par une plasticité virtuelle, par une possibilité de bifurcation, par une pluralité de voies ouvertes...». L'idée première dans l'invention peut être comparée à un germe vivant, mais à un germe «dont l'espèce ne serait pas fixée par la na-

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