‹ L'ImaginationChapitre 98 sur 110 · LET · texte numérisé non relu

LET

Considérons d'abord l'art à son apogée, supposons réalisé l'accord parfait de la sensibilité la plus vive et de la représentation la plus brillante, autrement dit de l'imagination affective et sensorielle, portées au plus haut degré.

Les représentations seront alors des images sensibles, non des idées abstraites, et des images sensibles, pleines de relief et d'éclat, saisissantes, vives, emportées dans un mouvement fougueux, ne laissant pas à l'esprit le temps de se reprendre pour les discuter et les juger, mais le captivant, le subjuguant, le tenant sous le charme, en un mot des « métaphores accompagnées d'une sorte de folie impétueuse )) (Taine), non des comparaisons simplement justes, calculées et froidement déduites.

(( Voyez par exemple ces vers :

Regrettez-vous le temps où d'un siècle barbare Naquit un siècle d'or plus fertile et plus beau? Où le vieil univers fendit avec Lazare De son front rajeuni la pierre du tombeau .►^ Regrettez-vous le temps où nos vieilles romances Ouvraient leurs ailes d'or vers leur monde enchanté? Où tous nos monuments et toutes nos croyances Portaient le manteau blanc de leur virginité? Où, sous la main du Christ, tout venait de renaître? Où le palais du prince et la maison du prêtre, Portant la même croix sur leur front radieux, Sortaient de la montagne en regardant les cieux?

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