‹ L'Imitation de Jésus-ChristChapitre 95 sur 306 · LIVRE DEUXIÈME. CHAPITRE XII. 12 I · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. CHAPITRE XII. 12 I

Ce n'est point là la vertu de l’homme, mais la grâce de Jésus-Christ, qui opère si puissamment dans une chair infirme, que tout ce qu’elle abhorre et fuit naturellet ment, elle l’embrasse et l’aime par la ferveur de i’esprit.

q. Il n’est pas selon l’homme de porter la Croix, d’aimer la Croix, de châtier le corps, de le réduire en servitude, de fuir les honneurs, de souffrir volontiers les outrages, de se mépriser soi-même et de souhaiter d’être méprisé, de supporter les afflictions et les pertes, et de ne désirer aucune prospérité dans ce monde.

Si vous ne regardez que vous, vous ne pouvez rien de tout cela.

Mais si vous vous confiez dans le Seigneur, la force vous sera donnée d’en haut, et vous aurez pouvoir sur la chair et le monde.

Vous ne craindrez pas même le démon, votre ennemi, si vous êtes armé de la foi et marqué de la Croix de Jésus- Christ.

10. Disposez-vous donc, comme un bon et fidèle serviteur de Jésus-Christ, à porter courageusement la Croix de votre maître, crucifié par amour pour vous.

Préparez-vous à souffrir mille adversités, mille traverses dans cette misérable vie : car voilà partout ce qui vous attend, ce que vous trouverez partout, en quelque lieu que vous vous cachiez.

Il faut qu’il en soit ainsi : et à cette foule de maux et de douleurs, il n’y a d’autre remède que de vous supporter vous-même.

Buvez avec joie le calice du Sauveur, si son amour vous est cher et si vous désirez avoir part à sa gloire.

Laissez Dieu disposer de ses consolations : qu’il les répande comme il lui plaira.

Pour vous, choisissez les souffrances, et regardcz-les comme des consolations d’un grand prix : car toutes les souffrances du temps n'ont aucune proportion avec la

gloire future, et ne sauraient vous la mériter quand seul vous les supporteriez toutes.

1 1. Lorsque vous en serez venu à trouver la souffrance douce, et à l’aimer pour Jésus-Christ, alors estimez-vous heureux, parce que vous avez trouvé le Paradis sur la terre.

Mais tandis que la souffrance vous sera amère, et que vous la fuirez, vous vivrez dans le trouble; et la tribulation que vous fuirez vous suivra partout?

12. Si vous vous appliquez à être ce que vous devez être, à souffrir et à mourir, bientôt vos peines s’adouciront, et vous aurez la paix.

Quand vous auriez été ravi, avec Paul, jusqu’au troisième ciel, vous ne seriez pas pour cela assuré de ne rien souffrir. Je lui montrerai, dit Jésus, combien il faut qu'il souffre pour mon nom \

Il ne vous reste donc qu’à souffrir, si vous voulez aimer Jésus et le servir constamment.

1 3 . Plût à Dieu que vous fussiez digne de souffrir quelque chose pour le nom de Jésus! Quelle gloire vous serait réservée! Quelle joie parmi tous les Saints! Quelle édification pour le prochain!

Car tous recommandent la patience, quoique peu cependant veuillent souffrir.

Avec quelle joie vous devriez souffrir quelque chose pour Jésus, lorsque tant d’autres souffrent beaucoup plus pour le monde!

14. Sachez, et croyez fermement, que notre vie doit être une mort continuelle; et que plus on meurt à soi-même, plus on commence à vivre pour Dieu.

Nul n'est propre à comprendre les choses du Ciel, s’il ne se soumet à supporter les adversités pour Jésus-Christ.

Rien n’est plus agréable à Dieu, rien ne vous est plus salutaire en ce monde, que de souffrir avec joie pour Jésus- Christ; et si vous aviez à choisir, vous devriez plutôt sou-

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