V. III. CHAP. XXIX
vre créature que je suis . que puis-je faire , et où irai-je sans vous?
Seigneur, donnez-moi la patience encore cette fois. Soutenez-moi, mon Dieu, et je ne craindrai point, quelque pesante que soit cette épreuve.
2. Et maintenant que dirai-je encore? Seigneur, que votre volonté se fasse ‘. J’ai bien mérité ae sentir le poids de la tribulation.
Il faut donc que je le supporte : faites , mon Dieu, que ce soit avec patience, jusqu’à ce que la tempête passe, et que le calme revienne.
Votre main toute-puissante peut éloigner de moi cette tentation , et en modérer la violence , afin que je ne succombe pas entièrement, comme vous l’avez déjà tant de fois fait pour moi , ô mon Dieu, ma miséricorde !
Et autant ce changement m’est difficile, autant il vous l’est peu : c’est l’œuvre de la droite du Très-Haut 2 .
RÉFLEXION
Le premier mouvement de l’âme éprouvée par la tentation doit être de s’humilier, de reconnaître sou impuissance ; et aussitôt de recourir avec une vive foi à celui qui seul est sa force : Seigneur, sauvez-moi , car je vais périr 3 : et Dieu se hâtera de venir au secours de cette pauvre âme; il étendra pour la secourir sa main toute-puissante ; il commandera aux vents et
1 Matth., v, 10. — -Ps.lxxvi, 10.— 3 Matth., vin.
l’imitation db jésus-christ.
à la mer. et il se fera un grand calme 1 . Ainsi encore, lorsque le cœur est brise d’affliction, oppressé d’angoisse, que fera-t-il? Il se jettera dans le sein de Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, Père de * miséricorde et Dieu de toute consolation , qui nous console dans nos épreuves : car de même que les souffrances de Jésus-Christ abondent en nous, ainsi abonde par Jésus -Christ notre consolation Alors, si notre âme, comme celle de Jésus, est triste jusqu’à la mortj, si nous disons comme lui : Mon Pèt'e , que ce calice P éloigne de moi I comme lui aussi nous ajouterons Non pas ce que je veux , mais ce que vous voulez 4 /