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CHAPITRE XXX

Qu’il faut implorer le secours de Dieu, et attendre avec confiance le retour de sa grâce.

4. J.-C. Mon fils, y e suis le Seigneur ; c’est moi qui fortifie au jour de la tribulation 6 .

Venez à moi quand vous souffrirez.

Ce qui surtout éloigne de vous les consolations célestes, c’est que vous recourez trop tard à la prière.

Car, avant de me prier avec instance , vous cherchez au dehors du soulagement et une multitude de consolations.

Mais tout cela vous sert peu , et il vous faut enfin reconnaître que c’est moi seul qui délivre ceux qui espèrent en moi 6 ; et que hors de

1 Mattli., Vin, 26. — * IL Cor., i, 3, 4, 5. — » Matlh., xxvi, 38. — 4 Ibid., 39. — 6 Nah.,l, 7.— » Ps. xvi, 7.

L1V. ni. en A P. xxx.

moi il n’est point de secours efficace , point de conseil utile , point de remède durable.

Mais à présent que vous commencez à respirer après la tempête, ranimez-vous à la lumière de mes miséricordes : car je suis près de vous , dit le Seigneur , pour vous rendre tout ce que vous avez perdu, et beaucoup plus encore.

2. Y a-t-il rien qui me soit difficile 1 ? ou serais-je semblable à ceux qui disent et ne font pas?

Où est votre foi? Demeurez ferme et persévérez.

Ne vous lassez point , prenez courage ; la consolation viendra en son temps.

Attendez-moi , attendez : je viendrai et je vous guérirai a . >

Ce qui vous agite est une tentation, et ce qui vous effraie une crainte vaine.

Que vous revient-il de ces soucis d’un avenir incertain , sinon tristesse sur tristesse ? A chaque jour suffit son mal 3 .

Quoi de plus insensé , de plus vain, que de se réjouir ou de s’affliger de choses futures qui n’arriveront peut-être jamais ?

; 3. C’est une suite de la misère humaine

d’être le jouet de ces imaginations , et la mar- ! que d’une âme encore faible de céder si aisément aux suggestions de l’ennemi.

Car peu lui importe de nous séduire et de

1 Jér., XXXII, 27. — * Matth., VIII, 7. — 8 Ibid., VI, 84.

nous tromper par des objets réels ou par de fausses images ; et de nous vaincre par l'amour des biens présents ou par la crainte des maux à venir.

Que votre cœur donc ne se trouble point et ne craigne point.

Croyez en moi, et confiez-vous en ma miséricorde l .

Quand vous croyez être loin de moi, souvent c’est alors que je suis le plus près de vous.

Lorsque vous croyez tout perdu, ce n’est souvent que l’occasion d’un plus grand mérite.

Tout n’est pas perdu , quand le succès ne répond pas à vos désirs.

Vous ne devez pas juger selon le sentiment présent, ni vous abandonner à aucune affliction , quelle qu’en soit la cause , et vous y enfoncer, comme s’il ne vous restait nulle espérance d’en sortir.

4. Ne pensez pas que je vous aie tout à fait délaissé , lorsque je vous afflige pour un temp;, ou que je vous retire mes consolations : car c’est ainsi qu’on parvient au royaume des cieux.

Et certes il vaut mieux pour vous et pour tous mes serviteurs être exercé par des traverses, que de n’éprouver jamais aucune contrariété.

Je connais le secret de votre cœur, et je sais qu’il est utile pour votre salut que vous

t Joann.jXtv, i j 27.

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