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soyez quelquefois dans la sécheresse, de crainte ‘ ' qu une ferveur continue ne vous porte à la ; : présomption, et que, par une vaine complaisance en vous-même , vous ne vous imaginiez être ce que vous n’êtes pas.
i Ce que j’ai donné, je puis l’ôter et le rendre quand il me plaît.
5. Ce que je donne est toujours à moi; ce que je reprends n’est point à vous : car c’est de moi que découle tout bien et tout don parfait.
Si je vous envoie quelque peine ou quelque contradiction, n’en murmurez pas, et que votre cœur ne se laisse point abattre : car je puis, en un moment, vous délivrer de ce fardeau , et changer votre tristesse en joie.
Et lorsque j’en use ainsi avec vous, je suis juste et digne de toute louange.
Si vous jugez selon la sagesse et la vérité , vous ne devez jamais vous affliger avec tant d’excès dans l’adversité , mais plutôt vous en réjouir et m’en rendre grâces.
Et même ce doit être votre unique joie que je vous frappe sans vous épargner i .
Comme mon Père m'a aimé, et moi aussi je vous aime 2 , ai-je dit à mes disciples en les envoyant, non pour goûter les joies du monde, mais pour soutenir de grands combats; non pour posséder les honneurs, mais pour souffrir les mépris; non pour vivre dans l’oisiveté,
1 Job,, vi, 10. — s Joann., xv, 9.
mais dans le liavail; non pour se reposer, mais pour porter beaucoup de fruits par la patience K Souvenez- vous, mon fils, de ces paroles.
RÉFLEXION
Bien que les hommes sachent que la vie présente n’est qu’un état de passage , néanmoins il y a eu eux un penchant extraordinaire à se concentrer dans cette vie si courte, et à ne juger des choses que par leur rapport avec elle. Us veulent invinciblement être heureux; mais ils veulent l’être dès ici-bas; ils cherchent sur la terre un bonheur qui n’y est point, qui n’y peut pas être, et en cela ils se trompent misérablement. Les uns le placent dans les plaisirs et les biens du monde, et après s’être fatigués à leur poursuite, ils voient que tout est vanité et affliction d’esprit 2 , et que l’homme n’arien déplus de tous les travaux dont il se consume sous le soleil 3 . Les autres, convaincus du néant de ces liens, se tournent vers Dieu; mais ils veulent aussi que le désir de félicité qui les tourmente soit satisfait dès à présent, toujours prêts à s’inquiéter et à se plaindre, quand Dieu leur retire les grâces sensibles, ou qu’il les éprouve par les souffrances et la tentation. Ils ne comprennent pas que la nature humaine est malade, et incapable en cet état de tout bonheur réel; que les épreuves dont ils se plaigneut sont les remèdes nécessaires que le céleste médecin des âmes emploie, dans sa boute, pour les guérir, et que toute notre espérance sur la terre, toute notre paix consiste à nous abandonner entièrement à lui avec une conliance pleine d’amour. Et voilà pourquoi le roi-prophète revient si souvent à celte prière : Ayez pitié de moi , Seigneur, parce que je suis malade : guérissezmoi , car le mal a pénétré jusqu’ à mes os * ; guérissez mon Ame 6 , vous qui guérissez toutes nos infirmités 6 .
* Luc., xviii, 15. Joann., xv, 16. — 2 Eccles., i, 14.— 3 Ibid., 3. — 4 Ps. ti, 3. — 5 Ps. XL, 5. — 6 Ps. CH, 3.