CHAPITRE XXXII
De l’abnégation de soi-même.
1. J.-C. Mon fils, vous ne pouvez jouir d’une liberté parfaite, si vous ne vous renoncez entièrement.
Ils vivent en servitude tous ceux qui s’aiment, et qui veulent être à eux-mêmes. On les voit, avides, curieux, inquiets, cherchant toujours ce qui ilatte leurs sens, et non ce qui me plaît, se repaître d’illusions, et former mille projets qui se dissipent.
Car tout ce qui ne vient pas de Dieu périra.
Retenez bien cette courte et profonde parole : Quittez tout , et vous trouverez tout . Renoncez à vos désirs, et vous goûterez le repos.
* Rom., viii, 28. — * Joaiin., xxxv, 69. — 8 Luc., IX, 60.
248 L’IMITATION DE Jisus-CURIST.
Méditez ce précepte; et quand vous l’aurez accompli, vous saurez tout.
2. Le F. Seigneur, ce n’est pas l’œuvre d’un jour, ni un jeu d’enfants : cette courte maxime renferme toute la perfection religieuse.
3. J.-C. Mon fils, vous ne devez point vous rebuter ni perdre courage , lorsqu’on vous montre la voie des parfaits; mais plutôt vous efforcer de parvenir à cet état sublime, ou au moins y aspirer de tous vos désirs.
Ah! s’il en était ainsi de vous! si vous en étiez venu jusqu’à ne plus vous aimer vousmême , soumis à moi sans réserve , et au supérieur que je vous ai donné ! Alors j’arrêterais sur vous mes regards avec complaisance , et tous vos jours passeraient dans la paix et dans la joie.
Il vous reste encore bien des choses à quitter; et à moins que vous n’v renonciez entièrement pour moi , vous n’ofitiendrez point ce que vous demandez.
Écoutez mes conseils, et pour acquérir de vraies richesses, achetez de moi de l’or éprouvé par le feu 1 , c’est-à-dire la sagesse céleste, qui foule aux pieds toutes les choses d’ici -bas.
Qu’elle vous soit plus chère que la sagesse du siècle et que tout ce qui plaît aux hommes, ou nous plaît en nous-mêmes.